Rape & Revenge en 10 films

 

 

Sous-genre du cinéma d’exploitation apparu dans les années 70 en contre coup de la libération sexuelle, le Rape & Revenge est aussi radical que son intitulé le laisse entendre: une femme est violée et ses agresseurs vont être châtiés, donnant des histoires à la limite du supportable.

Misogyne pour les uns, féministe pour les autres, le thème fait débat tant il amène l’horreur aux frontières du fréquentable et du bon goût. Et si l’on peut en retrouver des traces dans des œuvres du cinéma général aussi différentes qu’ Orange Mécanique, L’Eté Meurtrier, Le Retour de l’Inspecteur Harry ou I Saw the Devil, le Rape & Revenge répond à une règle stricte: la vengeance se doit d’être à la hauteur de la violence du viol qui est montré. Bref, un genre extrême et universel, pour spectateurs avertis, que nous vous proposons de survoler en 10 films. Idéal pour pourrir une soirée en amoureux.

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LA SOURCE

La Source d’Ingmar Bergman (Suède – 1960)

Au XVIème siècle, Karin se fait violer et assassiner dans la forêt par les trois bergers à qui elle a proposé de partager son repas. Les meurtriers demandent ensuite asile à Töre, un riche fermier qui n’est autre que le père de Karin. Sans vouloir faire de mauvais jeux de mot, la source du genre vient d’un cinéaste plus que respecté dans le 7ème Art, Ingmar Bergman en personne, qui s’inspire d’un conte médiéval suédois. Un film mineur qui fit polémique.

LA DERNIERE MAISON SUR LA GAUCHELa Dernière Maison sur la Gauche de Wes Craven (Etats-Unis – 1972)

Deux adolescentes cherchent à se procurer de la marijuana et tombent sur une bande de sadiques. Elles se feront violer et tuer. Le père de l’une d’entre elles va mettre en place une vengeance à la hauteur des sévices subis. Pour son premier long-métrage, Wes Craven signe une œuvre ultra-violente qui fera date dans les seventies, avec de vrais acteurs issus du porno dedans. Un grand nom du cinéma d’horreur est né avec ce classique du genre.

Kiss of Death de Ho Meng Hua (Hong-Kong – 1973)

Une femme se fait violer par trois malfrats en rentrant chez elle. Apprenant qu’elle a contracté la « Vietnam Rose », une maladie vénérienne, elle décide d’apprendre les arts martiaux et part à la recherche de ses agresseurs pour se venger. Production de la Shaw Brothers, studio mythique aussi prolifique qu’influent pour le cinéma asiatique, ce film déjanté fourmille de scènes cultes dont celle où l’un des violeurs se fait défigurer à coup de cartes à jouer.

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CRIME A FROID

Crime à Froid de Bo Arne Vibenius (Suède – 1974)

Violée dans son enfance et muette depuis, Madelaine croise la route d’un proxénète qui la drogue, l’oblige à se prostituer après lui avoir arraché un œil et provoque le suicide de ses parents. Après, on s’étonnera qu’elle ne soit pas contente! Hardcore dans tous les sens du terme, Crime à Froid est considéré par Quentin Tarantino comme le plus grand film de Rape & Revenge de tous les temps. Devinez d’où vient le look de Darryl Hannah dans Kill Bill ?

LIPSTICK

Lipstick de Lamont Johnson (Etats-Unis – 1976)

Chris se fait violer par le prof de musique de sa sœur Kathy. Elle porte plainte, un procès a lieu mais le violeur est remis en liberté. Pour récidiver sur Kathy. Chris devra choisir des moyens plus expéditifs pour que justice soit rendue. Cette production de la Paramount, avec les sœurs Hemingway (petites filles d’Ernest) réunies pour la première et dernière fois à l’écran, est ce qui est de plus présentable dans le genre.

I SPIT ON YOUR GRAVE

I Spit on your Grave de Meir Zarchi (Etats-Unis – 1978)

Une New-Yorkaise arrive dans un coin paumé des Etats-Unis pour écrire un roman. Une bande de ploucs des environs vient la trouver pour la violer à plusieurs reprises. La vengeance se fera dans une colère toute retenue. Film emblématique du Rape & Revenge, I Spit on your Grave se traîne une sale réputation puisqu’il a rendu célèbre le genre. Pourtant, il représente l’archétype du film anti-viol par une mise en scène froide et sans ambigüité sur son message.

L'ANGE DE LA VENGEANCE

L’Ange de la Vengeance d’Abel Ferrara (Etats-Unis – 1981)

Sourde et muette, Thana se fait violer dans une ruelle par un braqueur. De retour à son appartement, elle surprend un cambrioleur qui la viole à son tour. Thana va péter une durite et arpenter de nuit les rues de New-York pour descendre tous les mecs qui cherchent à l’aborder ainsi que ceux qui exploitent les femmes. Abel Ferrara prend le thème à bras le corps pour livrer un de ses films les plus réussis et les plus âpres.

THE NAIL GUN MASSACRE

The Nail Gun Massacre de Bill Leslie et Terry Lofton (Etats-Unis – 1985)

Un garçon décide de venger sa sœur qui s’est fait violer sur un chantier par six brutes. Revêtant un casque de moto et armé d’un pistolet à clou, le justicier dérape dans sa quête et commence à dézinguer tous les gens qu’il croise, femmes y compris. Mélange de Rape & Revenge et de slasher, The Nail Gun Massacre est un de ces gros nanars eighties qui transpirent l’amateurisme sous tous les angles. Tellement nul que ça en devient drôle.

FREEZE ME

Freeze Me de Takashi Ishii (Japon – 2000)

Chihiro est sur le point d’épouser l’homme de ses rêves à Tokyo. Mais les trois hommes qui l’ont violée il y a cinq ans dans son village natal refont surface et ont décidé de recommencer. Takashi Ishii a consacré une grande partie de sa carrière au Rape & Revenge que ce soit en tant que scénariste, réalisateur ou auteur de mangas. Il résulte de son œuvre un constat amer et pessimiste de la place de la femme au Japon.

IRREVERSIBLE

Irréversible de Gaspard Noé (France – 2002)

Enfin, pour terminer, place au long viol de Monica Bellucci dans un passage souterrain et à l’explosion de la tronche du violeur à coups d’extincteur. Gaspard Noé joue avec les codes du genre en montant les scènes dans l’ordre antéchronologique. Du Revenge & Rape en quelque sorte. Ca commence donc très mal pour finir très bien. Au final, beaucoup de bruit pour pas grand-chose même si chacun aura sa propre opinion sur la pertinence du film.

The Vug

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About The Vug

Utilisant que très rarement sa soucoupe volante en raison de son mal des transports, The Vug passe ses journées devant la télévision en se gavant de nicotine (l’unique aliment terrien qu’il peut supporter). En attente d’une régularisation de sa situation (ses papiers d’identité n’étant pas reconnus par l’administration), il descend régulièrement au bistrot en bas de chez lui, toujours accueilli par le patron d’un affectueux « Et un p’tit blanc pour le p’tit gris ! ».