Les 30 films des années 2000 pour Celluloïdz

 

 

A Scanner Darkly de Richard Linklater (Etats-Unis – 2006)

Dans un futur très proche, une large partie de la population est accroc à la substance D, une drogue qui rend fou. Fred, un agent des Stups, est chargé de surveiller Bob Arctor, un junkie suspecté de trafic. Sauf que Fred est Bob Arctor… Utilisant la rotoscopie, ce portrait désabusé d’une société plongée contre son gré dans l’addiction et la paranoïa reste la plus fidèle adaptation sur grand écran d’un roman du génial auteur SF Philip K. Dick. The Vug

 

Les Autres de Alejandro Amenabar (Etats-Unis/Espagne – 2001)

Nicole Kidman doit faire face aux êtres invisibles errant dans sa vaste demeure dans cette ghost story à l’ancienne qui traite du thème de la maison hantée sous l’angle de la coexistence de mondes parallèles. Le réalisateur de Tesis et d’Ouvre les Yeux soigne ses scènes d’épouvante et prend un malin plaisir de semer les fausses pistes pour mener graduellement son spectateur vers un dénouement aussi évident qu’original. The Vug

 

Battle Royale de Kinji Fukasaku (Japon – 2000)

Quand Fukasaku décide de jouer, ça donne Battle Royale : sanglant, dérangeant et captivant. Les mauvais élèves d’une école sont retenus prisonniers sur une île où les adultes ont décidé de confier leur éducation à un prof singulier. Le but du jeu: un unique survivant rentrera chez lui. A comprendre: les élèves doivent s’entretuer jusqu’au dernier! C’est gore, c’est violent mais c’est tout simplement sublime. Nightmare

 

Collateral de Michael Mann (Etats-Unis – 2004)

Ambiance nuit sombre dans les ruelles de New York, Collateral nous saute à la gorge dès les premières minutes. Passager classieux du taxi de Jamie Foxx, Tom Cruise poivre et sel et lunettes noires brille là où l’on ne l’attendait pas sous les traits d’un gangster angoissant par sa froideur. Le surprenant duo d’un soir gentil/méchant tient le spectateur en haleine jusqu’au générique de fin. 1h30 de palpitation et un dénouement plutôt original. Nightmar

 

La Colline a des yeux d’Alexandre Aja (Etats-Unis – 2006)

Une famille perdue au milieu de nulle part devient la proie d’une autre famille, une bande de dégénérés difformes et cannibales. Après Haute Tension, Alexandre Aja quitte la France pour les Etats-Unis et s’attaque au classique de Wes Craven, sous la bienveillance de ce dernier. Le résultat dépasse toutes les attentes et s’impose comme le survival ultime. Un cauchemar en plein soleil pour le film d’horreur définitif de la décennie. The Vug


 

Dead or Alive de Takeshi Miike (Japon – 1999/2000/2002)

Un tryptique de films de yakusas, à la fois baroque et drôle mais tout autant sérieux et dur. Le réalisateur japonais, connu surtout d’un public underground, use de la grandiloquence et l’extravagance pour faire un film à réservoir d’émotions déroutant le spectateur, avec une pointe de critique acide. Il en oublie jamais que le cinéma est juste du cinéma, on peut donc ouvrir sa boite à fantasmes…Hamburger Pimp

 

The Devil’s Rejects de Rob Zombie (Etats-Unis – 2005)

Empreint d’un univers rock à l’ultraviolence crue et assumée, Rob Zombie délaisse l’atmosphère outrageusement barriolée du Grand-Guignol de The House of 1000 Corpses; créant un contraste radical en ancrant sa famille de cinglés ésothéristes dans le réalisme dusty du désert aride et en travaillant au corps son spectateur dans un jeu du chat et de la souris où la brutalité sèche des uns peut engendrer la sauvagerie aveugle des autres. Un film majeur pour le genre de cette première décennie et un bel hommage au cinéma d’Arthur Penn ou de Sam Peckinpah. Lullaby Firefly

 

Eternal Sunshine of the Spotless Mind de Michel Gondry (Etats-Unis – 2004)

Gondry est un mec normal, celui qui le traitera de fou n’a rien compris à lui ou son cinéma, ses obsessions sont celles de tout un chacun, et son univers est celui que chacun a mais ne laisse pas sortir. Le fait qu’il ait les couilles d’exhiber son intimité à l’écran le rend précieux, et son film, ESOSM, c’est exactement ça, un film intime, précieux, touchant, qui fonctionne tant comme un film romantique qu’un film de SF ou encore qu’un dérivé de l’absurde à la Caroll. Ce film m’a touché comme rarement, la mémoire, le souvenir, l’amour, la créativité, tout y est. Skreemer

 

Les Fils de l’Homme de Alfonso Cuaron (Etats-Unis/Royaume Uni – 2006)

L’Humanité se meurt lentement: plus aucun enfant n’est né depuis deux décennies. Les Nations se sont renfermées sur elles-mêmes et le monde est au bord de l’implosion. Derrière les exploits techniques qui nous offrent d’impressionnants plans-séquences se trouve le film d’anticipation le plus crédible depuis Soleil Vert. Une ode à la vie à l’optimisme fragile dans une réalité brute et violente. The Vug

 

The Host de Bong Joon-ho (Corée du Sud -2006)

Régulièrement invités ou primés dans les festivals, les cinéastes sud-coréens ont su s’imposer sur le marché mondial. Suivant la brèche entrouverte par le Old Boy de Park Chan-wook, The Host de Bong Joon-ho prouve que leur cinéma ne se limite pas au thriller ou à l’action. Sans hésiter à lorgner du côté de la comédie tout en livrant un pamplet contre l’ingérence américaine dans son pays, The Host reste un des meilleurs films de monstre depuis Alien. Lullaby Firefly

 

Les Indestructibles de Brad Bird (Etats-Unis – 2004)

La meilleure adaptation des 4 Fantastiques avec comme personnages une cellule familiale. Pixar réalise son film d’animation/action ; dans la réflexion d’époque sur le concept de super-héros, en a-t-on encore besoin ? La société se doit-elle d’avoir des justiciers masqués pour faire respecter la justice dans un imaginaire populaire? Enfin un blockbuster pas trop débile pour les enfants et pouvant toucher les parents ou les adultes mais surtout un excellent film de Super Héros! Hamburger Pimp

 

Kill Bill de Quentin Tarantino (Etats-Unis – 2003/2004)

Boulimique de cinéma, féru de films d’exploitations, Tarantino a toujours aimé rendre hommage au cinéma de genres qui constitue ses influences majeures. Avec Kill Bill Vol.1, le réal parvient à livrer SON film de sabre ultime, fort, intense, puissant. Avec le Vol.2, c’est au tour du western d’être modernisé, repensé. A la densité incroyable de la première partie et ses impressionnantes scènes de combats se succèdent de multiples dialogues et ce long voyage non sans embûches au bout duquel se trouve le sésame recherché, le Big Boss, Bill. Lullaby Firefly

 

Kiss Kiss Bang Bang de Shane Black (Etats-Unis – 2005)

Shane Black en tant que scénariste a changé le film d’action. C’est un fait, son analyse du genre, ses personnages, ses répliques assassines, drôles, pertinentes, son action au poil, tout ce qu’il y a de bon dans l’actioner des 80’s et 90’s, on le doit à lui (L’Arme Fatale, Dernier Samaritain, Last Action Hero etc.). Pas étonnant ainsi que, quand il écrit et se met derrière la caméra, il signe un petit chef d’œuvre très attachant comme KKBB. Ayant comme point de départ le monde du cinéma, il le croise à celui du détective privé américain. Drôle, sexy, hyper bien écrit, bandant quoi. Skreemer

 

Le Labyrinthe de Pan de Guillermo Del Toro (Espagne/Etats-Unis/Mexique – 2006)

Guillermo Del Toro n’a eu de cesse de me fasciner par son imaginaire lovecraftien depuis que j’ai vu pour la première fois L’Echine du Diable. S’en est suivi une série de films divertissants mais pourtant si beaux, mais c’est avec Le Labyrinthe de Pan qu’il allie le mieux la forme et le fond, nous offrant un rêve dans un cauchemar, mélangeant fantastique, guerre, enfance et solitude. Le film est un des plus riches que j’ai pu voir dans ces années passées. Vive son imaginaire! Skreemer

 

The Machinist de Brad Anderson (Espagne – 2004)

Perfectionniste, Christian Bale s’est affamé pendant des semaines (il a perdu près de 30 kg en 3 mois) pour que son personnage – qui n’a pas dormi depuis un an – n’ait que la peau sur les os. Un coup de maquillage en plus et l’acteur est méconnaissable. L’histoire est troublante et ne dévoile sa trame que par quelques indices semés sur la route. Un film noir et poignant qui tape dans le vrai. Nightmare

 

Minority Report de Steven Spielberg (Etats-Unis – 2002)

Quand Spielberg joue avec notre futur, c’est tout simplement excellent… et flippant ! Car comme souvent, ça tape fort et surtout juste. A la question “Comment stopper la criminalité”, le réalisateur de génie répond avec des arguments étudiés de près par nos hautes instances, soit “Stopper le crime avant qu’il ne soit commis”. Le libre-arbitre banni, c’est dans une course contre la montre haletante qui nous entraîne un Tom Cruise angoissé à souhait. Nightmare

 

Mulholland Drive de David Lynch (France/Etats-Unis – 2001)

Une actrice débutante pas aussi ingénue qu’elle n’en a l’air, une femme fatale devenue amnésique, un réalisateur manipulé par une mystérieuse organisation, un tueur à gages maladroit, une créature bizarre derrière un mur… Le rêve hollywoodien vu par le prisme onirique du grand David Lynch qui conçoit un labyrinthe filmique où il fait bon de se perdre. La version cauchemardesque de Chantons Sous la Pluie. The Vug

 

Mystic River de Clint Eastwood (Etats-Unis/Australie – 2003)

Remontant à la racine de la violence, Mystic River narre comment les chemins de trois amis d’enfance perdus de vue vont se recroiser, faute à la fatalité, bras impassible de la justice. En choisissant d’adapter le roman de Dennis Lehane (Gone Baby gone, Shutter Island), Eastwood s’empare d’un sujet en or pour explorer son thème de prédilection, la violence, ses origines et ses conséquences. Casting en or pour film grandiose! Lullaby Firefly

 
 

No Country for Old Men d’Ethan et Joel Coen (Etats-Unis – 2007)

Un pauvre gars s’empare d’une mallette pleine de billets appartenant à un Mexicain fou furieux bien décidé à la récupérer. Les cadavres vont pleuvoir dans cette traque sans issue. Quand le cinéma de genre atteint la plus haute sphère…Les frères Coen adaptent le roman de Cormac McCarthy (La Route) et accouchent de leur meilleur film, entre film noir et western pré-apocalyptique. Javier Barden compose l’un des méchants les plus terrifiants jamais vu. The Vug

 

La Nuit nous appartient de James Gray (Etats-Unis – 2007)

Thriller postmoderne, pourtant mis en scène dans une Amérique des années 80, le réalisateur James Gray, véritable révélation réalisateur des années 2000 « noughties », continue sa réflexion de la famille entamé avec The Yards, mais à la différence que le style est devenu maîtrisé avec des moyens plus conséquents. Dans la veine de Coppola (questionnement cornélien sur la famille, travail du cadre, des espaces fermés et du clair/obscur), d’ailleurs son prochain film se passera dans la jungle…Hamburger Pimp

 

Old Boy de Park Chan-wook (Corée du Sud – 2003)

Un film de vengeance dont on ne sait pour qui est la vengeance, un film de vengeance empruntant les codes du film noir, du drame psychologique et du film d’action même. C’est poétique, c’est violent, c’est asiatique. Cela peut paraître tiré par les cheveux, mais c’est ce non-contrôle du film, dixit son réalisateur, qui fait sa force, son risque. Hamburger Pimp

 


Paprika de  Satoshi Kon (repose en paix) ( Japon -2006)

Inception où il ne serait pas question d’espionnage industriel mais plutôt de psychothérapie ? Non, je rigole, il y a quand même de l’espionnage industriel. Il se peut que ce soit le premier film cerveau d’animation, on y réfléchit sur le rêve et sa dimension filmique ainsi que sa virtualité et on en a des couleurs plein les yeux (psychédélisme). Ce qu’il faudrait vraiment montrer aux enfants, parce que Disney ou Dreamworks, c’est lourd parfois…Hamburger Pimp

 

Le Prestige de Christopher Nolan (Etats-Unis/Royaume Uni – 2006)

Après avoir fait fort impression avec Memento et Batman Begins, Christopher Nolan s’impose comme figure incontournable du cinéma SF des années 2000 en adaptant avec génie le roman steampunk de Christopher Priest. Au delà du conflit chronique entre deux magiciens, Le Prestige aborde une réelle réflexion sur les changements profonds qu’impose la modernité à la société. Le genre de film a marqué un point d’ancrage. Déjà un classique. Lullaby Firefly

 

Les Promesses de l’ombre de David Cronenberg (Royaume Uni/ Canada/ Etats-Unis – 2007)

Cronenberg a réalisé un film de gangsters ? Et oui , et il avait même réalisé juste avant deux drames psychologiques. Avec Viggo Mortensen au plus haut niveau, le cinéaste canadien signe un film noir violent et maîtrisé sur fond de mafia russe avec ses codes et ses rites, pointant l’ambigüité sexuelle, la frustration et l’immigration…Hamburger Pimp

 

 

Le Seigneur des Anneaux de Peter Jackson (Etats-Unis/Nouvelle Zélande – 2001/2002/2003)

Peter Jackson réalise le rêve ultime des passionnés d’heroic fantasy: l’adaptation fidèle et rigoureuse du classique de J.R.R. Tolkien en trois films de trois heures chacun. Un travail de titan, le sommet d’une carrière pour un réalisateur pourtant issu du gore le plus crade (les potaches Bad Taste et Braindead) et qui a su attendre le bon moment pour s’imposer comme l’égal d’un George Lucas ou d’un James Cameron. Respect. The Vug

 

Shaun of the Dead d’Edgar Wright (Royaume Uni/France/Etats-Unis – 2004)

La figure du zombie a connu des temps forts à la fin des glorieuses 60’s et des libérées 70’s jusqu’au statu quo du genre au début des mornes 90’S. Passé de mode, le zombie connaîtra un revival en 2004 sous l’impulsion d’une jeune génération de cinéastes dopée à Romero: Zack Snyder côté US et Edgar Wright et Simon Pegg côté UK. Leur but: renouveller un motif has been. Pari réussi pour cette comédie so british aux accents de film de zombie pur jus, déjà culte. Lullaby Firefly

 

Sin City de Robert Rodriguez, Frank Miller et Quentin Tarantino (Etats-Unis – 2005)

sin cityQuand Frank Miller s’associe à Rodriguez et Tarantino, ça donne un film-comic book léché à souhait, avec plusieurs histoires sanglantes qui se recoupent habilement. Bruce Willis ramassé à la petite cuillère, Mickey Rourke monstre sensible, Brittany Murphy surexcitée… Le casting frôle la perfection, tout comme les personnages et le script qui nous envoient tout droit au 7e sombre ciel. Nightmare

 

Le Voyage de Chihiro de Hayao Miyazaki (Japon – 2001)

ChihiroEnchanteur, la fable que vit la jeune Chihiro est l’une des plus complète de Miyazaki. C’est simple, tout y est: de l’aventure, de la magie et surtout du rêve. Embarquée à la campagne, Chihiro et ses parents découvrent un village abandonné qui se révèle être sous l’emprise de la sorcière Babaga. Transformés en porcs, Chihiro va tout mettre en oeuvre pour les sauver et va rencontrer des personnages tous plus incroyables les uns que les autres. La bande-originale faite sur mesure fait du Voyage de Chihiro un chef-d’oeuvre. Nightmare

 

Zatôichi de Takeshi Kitano (Japon – 2003)

zatoichiAprès avoir réinventé le film de yakusas, le temps d’un long-métrage Kitano réinvente le film de sabre japonais tout en respectant les codes anciens du théâtre japonais et de l’art de conter (pour autre chose, regardez Tarantino). En incarnant lui-même la figure du sabreur-masseur aveugle de façon originale (blond platine), le metteur en scène nippon donne sa propre vision de la voie du sabre, le courage et la fatalité amenant à la sagesse… Hamburger Pimp

 

Zodiac de David Fincher (Etats-Unis – 2007)

ZodiacUn génie, c’est le genre de mec qui fait un truc génial, parfait presque, et ça a l’air facile. Zodiac, c’est ça, un film clair et pourtant beau et moche, tortueux mais basique, pur, naturel. Ce film est d’une autre époque, celle des Hitchcock, des Friedkin, des Pakula, le scénario est écrit et chaque mot pèse, la lumière, la photo, la réalisation, tout est là. Adulte, maîtrisé, ludique sans jamais prendre son spectateur pour un con mais en ayant tout de même un certain degré d’exigence, c’est ça le cinéma que j’aime. Skreemer

 

Retrouvez également le top 30 des Trésors cachés des années 2000 et notre top 30 de 2010 à 2015.

 

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