Critique d’Insane

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Storm Warning

De Jamie Blanks

Avec Nadia Farès, Robert Taylor et David Lyons

Australie – 2007 – 1h26

Rating: ★★★★☆

Scénariste important du bis australien, Everett De Roche (Long Weekend, Patrick, Harlequin, et Razorback) avait rédigé, dans les années 70, le script d’un survival jugé trop violent en son temps pour qu’un studio accepte d’entamer sa production. Il aura donc fallu attendre une trentaine d’années pour que le projet ressorte enfin des tiroirs et atterrisse dans les mains de Jamie Blanks, cinéaste de retour au pays des kangourous après de frustrants débuts hollywoodiens (Urban Legend, Mortelle Saint Valentin). Il faudra rajouter trois années supplémentaires pour voir Storm Warning gagner nos contrées pour une sortie DTV.

Un tiers de siècle, voilà un temps de gestation excessivement long pour une histoire de rednecks qui n’aurait pas dépareillé dans les seventies de Délivrance, Massacre à la Tronçonneuse et La Colline a des Yeux. Bien qu’il arrive injustement après la bataille dans son propre pays (Wolf Creek a eu tout le temps de sortir depuis), Storm Warning, rebaptisé Insane chez nous, propose une histoire d’horreur des plus classiques: Rob et Pia, un couple de touristes perdus dans la cambrousse, débarquent dans la ferme d’une famille de dégénérés, composé d’un père et de ses deux fils, qui cultivent de la marijuana quand ils ne sont pas occupés à se tripoter devant des pornos zoophiles. Retenus captifs dans la grange après s’être faits maltraités et humiliés sous toutes les coutures, les deux tourtereaux vont devoir trouver illico un plan pour s’extraire du bourbier mortel dans lequel ils se sont fourrés, sans compter qu’une menace de viol imminent plane sur la tête de Madame (notre Nadia Farès nationale).

Assez court dans sa durée, Storm Warning prend néanmoins tout son temps pour installer une atmosphère pesante et malsaine entre les rednecks et les touristes qui comprennent assez vite à quel point ils sont mal barrés. La violence est d’abord psychologique et verbale, passant par les dialogues. D’abord appelé «le citadin», Rob le mari, yuppie de base qui ne peut qu’user d’une diplomatie inutile, se verra graduellement affublé de surnoms par ses ravisseurs, allant de «Volvo» (la marque de sa voiture) au définitif et castrateur «Couilles molles» avant de se faire tabasser. Guidée par son instinct de survie, Pia endossera quasiment seule le rôle de «héros de l’histoire», usant de stratagèmes diaboliques pour venir à bout de ses adversaires en rut dans un dernier tiers sanglant.

Loin d’être le film de rednecks le plus original du genre, Storm Warning reste cependant une bande horrifique honnête et parfaitement maîtrisée, notamment par la sobriété de sa mise en scène et l’interprétation sans faille de son casting restreint. Fort de ce succès artistique, Jamie Blanks continuera sa collaboration avec Everett De Roche pour le remake de Long Weekend en 2008, déjà sorti en DTV depuis octobre dernier. Enfin, concernant la violence qui a empêché à Storm Warning de voir le jour à son époque, elle se révèle aujourd’hui bien académique si l’on se réfère aux productions ultra-sanglantes du cinéma gore des années 2000.

The Vug

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About The Vug

Utilisant que très rarement sa soucoupe volante en raison de son mal des transports, The Vug passe ses journées devant la télévision en se gavant de nicotine (l’unique aliment terrien qu’il peut supporter). En attente d’une régularisation de sa situation (ses papiers d’identité n’étant pas reconnus par l’administration), il descend régulièrement au bistrot en bas de chez lui, toujours accueilli par le patron d’un affectueux « Et un p’tit blanc pour le p’tit gris ! ».