Critique d’I Spit On Your Grave

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I Spit On Your Grave

De Steven R. Monroe

Avec Sarah Butler, Chad Lindberg, Daniel Franzese et Andrew Howard

Etats-Unis – 2010 – 1h47

Rating: ☆☆☆☆☆

En 1978, Meir Zarchi réalisait Day of the Woman, plus connu sous le titre I Spit On Your Grave, film emblématique du Rape & Revenge, ce sous-genre du cinéma d’exploitation où les victimes de viol se vengent de leurs agresseurs. Trente plus tard, il revient sur son brûlot en tant que producteur pour un inévitable remake remis aux goûts du jour.

L’histoire, sordide au possible, a pour héroïne Jennifer Hills, une jeune femme venue se retirer dans un chalet perdu en pleine cambrousse pour trouver le calme nécessaire à l’écriture de son nouveau roman. Malheureusement pour elle, son arrivée n’est pas passée inaperçue et une bande de brutes locales arrive sur les lieux pour la violer sauvagement et à plusieurs reprises. Echappant de peu à sa mise à mort, Jennifer va retrouver ses agresseurs un à un pour leur faire subir les pires châtiments imaginables.

Issu de la télévision, Steven R. Monroe se débrouille plutôt bien dans sa mise en scène, comme dans sa direction d’acteurs, donnant à son film le professionnalisme technique qui faisait cruellement défaut à l’œuvre originale. Le nouveau scénario de Stuart Morse reprend les choses à zéros en rajoutant un cinquième violeur en la personne du shérif de la ville, père de famille en apparence respectable. Ainsi, les scènes de viol revêtent un caractère encore plus barbares (simulation de fellation avec le canon d’un revolver, sodomie sauvage dans les bois…) et laissent espérer le final cathartique que l’on est en droit d’attendre de ce type de production. Hélas, le film se vautre dans le torture porn de bas étage, annihilant toute sympathie pour l’héroïne en jouant la carte de la complaisance dans de longues mises à mort qui insistent trop lourdement sur la violence gratuite. Au final, on a plus mal pour les violeurs que pour la violée, ce qui est un comble pour une histoire cherchant à galvaniser la vengeance.

Car, même si elle était mal foutue, l’œuvre originelle de Meir Zarchi faisait preuve d’intelligence en transformant Jennifer en une sorte de mante religieuse qui usait de ses charmes pour mieux désarmer ses adversaires avant le coup de grâce. En gros: endosser le rôle de la femme soumise tant attendue par le violeur pour mieux le castrer au moment opportun. Bien plus pertinent et efficace que des fusils dans le cul ou des bains de soude sortis tout droit de pièges à la con labellisés Saw.

I Spit On Your Grave version 2010 s’empare donc d’un sujet aussi lourd que délicat pour sombrer dans l’entertainment gore à la morale régressive et primaire. On ne saurait trop vous conseiller d’attendre la sortie d’I Saw the Devil, bien plus profond sur le même sujet que ce DTV dégueulasse et faussement subversif.

The Vug

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About The Vug

Utilisant que très rarement sa soucoupe volante en raison de son mal des transports, The Vug passe ses journées devant la télévision en se gavant de nicotine (l’unique aliment terrien qu’il peut supporter). En attente d’une régularisation de sa situation (ses papiers d’identité n’étant pas reconnus par l’administration), il descend régulièrement au bistrot en bas de chez lui, toujours accueilli par le patron d’un affectueux « Et un p’tit blanc pour le p’tit gris ! ».