Critique de Propriété Interdite

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Propriété Interdite

 

de Hélène Angel

avec Charles Berling, Valerie Bonneton et Vasil Vivitz Grecu

France- 2009 – 1h20

 

Rating: ★★☆☆☆

Un couple en crise, se retrouvent dans la maison familiale de Claire, l’épouse, dans laquelle son frère s’est suicidé il y a peu, pour organiser les travaux de rénovation et vendre la propriété. Entre l’atmosphère pesante de la demeure, la dépression de Claire qui s’aggrave et des bruits étranges survenant chaque nuit, le couple semble au bord de l’explosion.

 

Thriller. Un genre un peu fourre-tout dans lequel on classifie à la va-vite des films sans grand rapport les uns avec les autres. Il faut dire que littéralement l’anglicisme provient de l’anglais thrill, le frisson. Contrairement à l’Horreur qui inspire la peur par l’angoisse, le thriller lui créé la peur par le suspense et la tension qu’il suscite chez le spectateur. Bien qu’il soit présenté comme tel, Propriété Interdite n’est pas un thriller, le film ne jouant ni sur la tension, ni sur le suspense, ni même sur la peur d’ailleurs, mais s’inscrivant dans la droite lignée de l’insolite.

 

Utilisant des clichés de psychologie dignes de l’édition « Pour les Nuls » ( le xanax, la boulimie…) pour épaissir l’aspect névrosé de son héroïne, la réalisatrice parvient cependant, et ce, en grande partie grâce à la brillante interprétation de Valérie Bonneton, à créer une réelle empathie pour elle à la mesure de l’antipathie pour son compagnon, porté par le jeu d’un Berling exécrable à souhait que l’on adore détester.Bien que le lieu choisi (une immense baraque décrépie dans un trou paumé à la lisière des bois) ait tout du décor de film d’horreur, Hélène Angel préfère jouer sur l’atmosphère de la maison et s’attacher plus longuement sur la psychologie de ses personnages: Benoit, homme d’affaire colérique appâté par la plus-value potentielle de la revente et Claire, sa femme, plus qu’affectée par le décès de son frère qui perd peu à peu pied, entre cauchemars répétitifs et refus d’accepter la perte de celui qui au final était sa seule famille.

 

Mais cela en fait-il un thriller? Non, bien que l’intention première de la réalisatrice ait été d’en faire un, car Propriété Interdite ne fait pas peur. Les scènes de nuits, censées créer un suspense et une tension dès le début du film, ont un grain dégueulasse, le parti pris ayant été de garder une texture mouvante proche de l’écran de télé enneigé, alors que les scènes se prêtent à une photo bien plus limpide, avec des noirs plus profonds (il suffit de voir ce que Guillem Morales réussit à faire, juste avec sa scène d’expo des Yeux de Julia, et on comprend aisément l’intérêt de soigner la photo des scènes d’obscurité). Alors que la première partie du film implantait justement des éléments de suspense et jouait sur des poncifs du genre, la seconde partie prend alors une direction radicalement opposée, se délestant de toute la tension mise en place jusqu’alors pour s’orienter vers un drame intimiste avant une scène finale sortant une nouvelle fois du cadre défini, mais qui pour le coup, reste la grande réussite du film. Prenant à revers un spectateur perdu par les volte faces scénaristiques, le film se termine dans une sorte d’apogée sanglante, malgré un discours sous jacent plus ou moins volontaire et plus ou moins discutable.

 

En voulant à la fois s’affilier à la tradition française du drame psychologique tout en lorgnant du côté de l’épouvante intimiste, Propriété Interdite peine à aboutir dans les nombreuses voies empruntées, mais parvient néanmoins à réussir son dernier acte. On aurait aimé que la teneur du film entier soit égale au dernier quart d’heure.

Lullaby Firefly

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About Lullaby Firefly

Créature assemblée par les mains expertes d’un obscur savant fou d’origine bavaroise à l’accent tranchant comme un scalpel, Lullaby Firefly profite chaque année de la nuit d’Halloween pour s’illustrer dans quelques macabres méfaits, comme le vol de sucettes et le racket d’oursons en gélatine. Oubliant souvent sa tête dans le frigo, rempli de restes de villageois qu’elle affectionne particulièrement, elle se rend régulièrement dans la clinique du Docteur Satan pour un petit rafistolage express, secret de son éternelle jeunesse.