Critique de Possession

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Rating: 3.0/5 (2 votes cast)

 

Possession

de Joel Bergvall et Simon Sandquist

avec Sarah Michelle Gellar, Lee Pace et Michael Landes

Etats-Unis – 2009 – 1h25

Rating: ★★☆☆☆

Jess, jeune avocate, vit le parfait amour avec son mari Ryan, malgré la cohabitation du couple avec Roman, le frère bad boy de ce dernier et ancien client de la jeune femme, sortant tout juste de prison. Un accident de voiture (peu crédible…) plonge les deux hommes dans le coma, les laissant entre la vie et la mort. Mais lorsque Roman se réveille, il se comporte comme s’il avait échangé sa personnalité violente avec celle de son frère.

Ne nous méprenons pas. Ce Possession n’a aucun rapport avec le film homonyme de Zulawski, ni celui de Neil Nurse Betty LaBute. Ce Possession là, premier film du duo Bergvall et Sandquist, signe le retour (bon, pour changer en DTV chez nous) de Sarah Michelle Gellar, icône du fantastique pour toute la génération ayant grandi avec Buffy contre les vampires, l’actrice continuant sa lancée dans les prod fantastiques après son entrée en fanfare dans le genre avec la version US de Jun-On, le célèbre The Grudge, dernier gros Ring-like en date. Michael Landes, dont les principaux faits d’armes se limitent à des apparitions dans des séries télé et des films dont Harcelés du Neil LaBute précité (à qui on doit, rappelons le, le remake honteux du grand classique The Wicker Man avec Nic « Moumoute » Cage), incarne le gentil mari transi d’amour face à Lee Pace, acteur de la série Pushing Daisies (ayant tout de même débuté sa carrière ciné sous la caméra de James Ivory) que l’on retrouvera prochainement dans Twilight 4 ainsi que dans un autre DTV en avril The Residents (avec Hilary Swank et Christopher Lee, star du premier Wicker Man et hop, la boucle est bouclée), incarnant avec conviction les deux facettes de son personnage la brute épaisse avant l’accident et l’amoureux romantique après son coma.

Ce casting fort intéressant prend à bras le corps ce triangle amoureux hors norme dont les relations au fil du récit vont de complexités en dilemmes.

Se basant sur un très bon pitch fantastique, l’échange de personnalité entre deux frères que tout oppose, le film souffre cruellement d’une réalisation très molle et de scènes très convenues et attendues qui desservent de manière implacable un twist pressenti à la moitié du film. En se détournant de son aspect fantastique, le film prend le chemin intéressant du thriller en jouant sur les attentes et la crédulité (ou l’incrédulité) de son spectateur dans la possible survivance du grand amour au delà du corps. Et quand on parle de spectateur, on veut en fait dire spectatrice. Alignant les clichés de démonstrations d’amour à faire pleurer à chaudes larmes les fans les plus inconditionnelles de Meg Ryan (les lettres d’amour, les souvenirs aussi précis que le temps qu’il faisait lors d’une escapade en amoureux, le jardin illuminé pour le soir de l’anniversaire de mariage…), tout en rechignant obstinément à se laisser aller dans la menace sous-jacente et la tension indispensable au genre, le duo de réalisateur en herbe ne parviennent au final qu’à livrer l’un des premiers thrillers pour filles (un nouveau genre?), regroupant tous les questionnements intérieurs qu’une femme se pose sur son compagnon, sans jamais transgresser la barrière pour s’adonner à la violence parfois nécessaire pour éveiller un petit frisson salvateur.

Bénéficiant d’un casting très convaincant et d’un pitch novateur, le film se laisse pourtant dériver de conte à l’eau de rose à thriller tiédasse, pris à son propre piège, celui de vouloir faire croire à tout prix sans heurter la sensibilité du public ciblé, à savoir les fans nostalgiques de la série de Joss Wedon.

Lullaby Firefly


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About Lullaby Firefly

Créature assemblée par les mains expertes d’un obscur savant fou d’origine bavaroise à l’accent tranchant comme un scalpel, Lullaby Firefly profite chaque année de la nuit d’Halloween pour s’illustrer dans quelques macabres méfaits, comme le vol de sucettes et le racket d’oursons en gélatine. Oubliant souvent sa tête dans le frigo, rempli de restes de villageois qu’elle affectionne particulièrement, elle se rend régulièrement dans la clinique du Docteur Satan pour un petit rafistolage express, secret de son éternelle jeunesse.