Critique de Left Bank

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Rating: 3.0/5 (2 votes cast)

 

Linkeroever

de Pieter Van Hees

avec Eline Kuppens, Matthias Schoenaerts et Sien Eggers

Belgique – 2007 – 1h42

Rating: ★★★☆☆

Marie, jeune athlète devenue professionnelle et préparant un important championnat, se voit contrainte de déclarer forfait devant l’insistance de son médecin, soucieux de son état de santé. Elle décide de passer sa convalescence chez Bobby, son nouveau petit copain rencontré il y a peu. Sur place, entre d’inquiétants voisins et des légendes urbaines tenaces, le repos de Marie va être quelque peu troublé.

 

Premier film de Pieter Van Hees, Left Bank s’est fait remarquer lors de sa présentation tardive au Festival International du Film Fantastique de Neuchâtel en 2009, où il remporta le Méliès d’Argent du meilleur long métrage européen et le prix Mad Movies. Comparée à Morse sur sa jaquette DVD, la bobine belge fait effectivement pensé au film d’Horreur suédois de Tomas Alfredson, par le rythme de narration intentionnellement lent et la multiplication de plans larges et fixes, permettant d’immerger progressivement le spectateur dans l’ambiance et d’apprendre à connaître les personnages. Mais bien que l’approche étant similaire sur le parti pris esthétique, la ressemblance s’arrête là. En jouant sur les contrastes de noir, de gris et de bleu, couleurs du ciel les jours d’orage, Pieter Van Hees s’attache à créer cette atmosphère particulière de pré-tempête, où l’air est chargé en électricité, illustrant par là même la situation de son héroïne, sur le point d’entrer dans la tourmente.L’alternance de plans extérieurs de l’immeuble silencieux et désert, de rencontres impromptues avec l’étrange voisinage et les inserts de plans chaotiques, reprenant les cauchemars (très lynchiens) qui hantent peu à peu Marie, le réalisateur dissémine les éléments inquiétants de son récit pour prolonger l’attente de son spectateur avant de découvrir le secret renfermé par la tour.

 

 

Proche de l’esthétique du cinéma social, dont il recherche le réalisme mais sans prétendre en véhiculer le message (contrairement à Morse), Left Bank se concentre d’avantage sur la narration d’une histoire que sur la démonstration d’un discours, la mise en place de l’ambiance angoissante primant sur la construction d’un manifeste pour quelle cause que ce soit. Utilisant le suspense évidant de certaines scènes (les inévitables descentes à la cave, forcément sombre, glauque et déserte) ou la poursuite par le voisin glauque, le film perd en originalité, Van Hees préférant s’assurer des pics de tensions par le biais d’archétypes déjà bien établis. Ainsi, Left Bank souffre des défauts involontaires de bon nombre de premiers films: trop de poncifs cinématographiques, des scènes de nus ou de sexe un peu trop répétitives ou qui ne servent pas vraiment la narration, des effets de style visuels un peu bancals (la poursuite en caméra à l’épaule, c’est moche et ça tue la tension) et un revirement un peu léger au regard de l’attente créée. Mais ces couacs de débutants n’entament en rien la prouesse esthétique et la maitrise de la réalisation de Van Hees.

 

 

Malgré ses petites imperfections, Left Bank est beau visuellement et captivant, bien que quelques longueurs alourdissent l’ensemble et saccadent une tension que l’on souhaiterait plus continue. Surprenant plus par sa forme que par son fond, le film fait néanmoins partie des meilleures productions européennes de ces dernières années et perd indubitablement à n’être visionné que sur petit écran. Encore un DTV qui aurait mérité son passage en salles.

Lullaby Firefly

 

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About Lullaby Firefly

Créature assemblée par les mains expertes d’un obscur savant fou d’origine bavaroise à l’accent tranchant comme un scalpel, Lullaby Firefly profite chaque année de la nuit d’Halloween pour s’illustrer dans quelques macabres méfaits, comme le vol de sucettes et le racket d’oursons en gélatine. Oubliant souvent sa tête dans le frigo, rempli de restes de villageois qu’elle affectionne particulièrement, elle se rend régulièrement dans la clinique du Docteur Satan pour un petit rafistolage express, secret de son éternelle jeunesse.