Critique Le Village des Damnés

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John Carpenter’s Village of the Damned

de John Carpenter

avec Christopher Reeve, Kristie Alley et Linda Kozlowski

Etats Unis – 1995 – 1h38

Rating: ★★★★☆

Après le passage d’une ombre sur le village de Midwich, tous les habitants tombent dans un profond sommeil durant plusieurs heures. Peu de temps après leur réveil, une vague de grossesse se déclarent chez les femmes de la ville. Toutes accouchent le même jour d’enfants se ressemblant étrangement et dotés de pouvoirs surnaturels.

Ayant déjà réalisé le remake de The Thing, le classique des années 50, John Carpenter avait déjà prouvé qu’il pouvait se détacher du matériau original en l’intégrant à son univers sombre et sanglant, pour livrer un film très différent. Quand il s’attaque au Village des Damnés de 1960, en se basant autant sur le roman que sur le scénario du premier film, le réalisateur décide de transposer l’histoire au fin fond des Etats Unis, le tranquille village anglais devenant ainsi une petite ville typique , comme il a déjà pu le décrire dans Halloween ou dans Fog. Ainsi, dès le début du film, les personnages ont tous un rôle bien défini dans la communauté, de telle manière que lorsque l’évènement surnaturel se produit, nous connaissons déjà les personnages qui seront touchés comme s’il s’agissait de nos voisins, la banalité de la ville amplifiant l’aspect inhabituel des évènements qui vont s’y produire. Ainsi, très vite lié au personnage, le spectateur ne peut que se trouver horrifié par la cruauté de ces enfants hors norme et le sort malheureux qu’ils réservent à leurs géniteurs…

Carpenter est un réalisateur de l’Horreur, ses films utilisant souvent le gore dans le but de créer l’angoisse plus que le dégoût.  Tout comme pour The Thing, lorsqu’il se met à adapter un scenario purement SF, il ne peut s’empêcher  d’ajouter une dimension horrifique. La scène d’ouverture, la scène « d’insémination », pourtant si insolite et drôle dans le film originel, devient ici lourde de conséquence: un malheureux bougre s’endort sur le barbecue de la fête municipale et le sommeil mène à la mort le mari d’une des héroïnes, victime d’un accident de voiture. Le ton est posé et bien des séquences du film se serviront d’éléments gore pour décrire les « punitions  » infligés par les têtes blondes (la scène de l’auto-ébouillantage, de l’auto-immolation, ou de l’auto-autopsie… à croire que ces enfants ne veulent pas se salir les mains). La version de Carpenter ne laisse pas les morts hors champs, ce ne sont pas des mises en scène minimisant l’horreur de la situation, mais, au contraire, une mise en image de la cruauté, de l’implacabilité de ce que l’on a l’habitude de voir comme la pureté même, des enfants. Carpenter pousse ce paradoxe en faisant d’un des enfants, David (Thomas Dekker, le héros de Kaboom), l’exception confirmant la règle.
Big John est un maitre du genre et ce n’est pas pour rien. Au delà de l’utilisation esthétique du gore, il sait aussi créer une ambiance particulière, proche du cauchemar où tout est exacerbé, les couleurs (comme les iris des enfants), la lumière et l’obscurité, ainsi que les émotions, les habitants sombrant peu à peu dans l’hystérie collective, autre thème récurrent chez le cinéaste.

Sans être une de ses œuvres majeures, le Village des Damnés n’en est pas moins un bon remake, malgré le mauvais accueil qu’il a rencontré à sa sortie. Pourtant, on y retrouve bien des thèmes chers au réalisateur, ainsi que sa grande maitrise du langage gore et de l’esthétique qui en découle, mais aussi de sa capacité à créer une atmosphère cauchemardesque, une tension soutenue tout au long du récit, avec pour point culminant la dernière scène.

 

Lullaby Firefly

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About Lullaby Firefly

Créature assemblée par les mains expertes d’un obscur savant fou d’origine bavaroise à l’accent tranchant comme un scalpel, Lullaby Firefly profite chaque année de la nuit d’Halloween pour s’illustrer dans quelques macabres méfaits, comme le vol de sucettes et le racket d’oursons en gélatine. Oubliant souvent sa tête dans le frigo, rempli de restes de villageois qu’elle affectionne particulièrement, elle se rend régulièrement dans la clinique du Docteur Satan pour un petit rafistolage express, secret de son éternelle jeunesse.