Inception: Film de l’année

 

L’année 2010 est finie et aura été de bonne facture, avec, comme d’habitude, des temps forts en début et fin d’année. Mais le film numéro 1 est sorti pendant l’été : Inception de Christopher Nolan. Rappelons l’histoire, Dom Cobb est un extracteur, c’est-à-dire un cambrioleur capable d’évoluer dans l’inconscient des individus pour voler leurs secrets. Mais on lui propose d’implanter une idée, plutôt qu’en voler une, l’inception.

 

Leonardo DiCaprio, Marion Cotillard et Ellen Page au casting (on ne va pas tous les citer) donnent une allure de blockbuster au film et s’en est un, sauf qu’il explose ce cadre. Le blockbuster ne se doit plus d’être une suite d’explosions de voitures où le héros tantôt bodybuildé dans les 80’s ou 90’s (Die Hard ou n’importe quel film avec Dolph Lundgren ou Scwharzy), ou brave et héroïque avec des allures de monsieur-tout-le-monde ou presque (Transformers ou Iron Man 2) sauve le monde, là le héros se sauve lui-même. Derrière le film, il y a un récit complexe avec différents niveaux de perception et de conscience.

 

Car nul besoin d’innovation technique, c’est dans l’originalité du récit et ses différentes strates que ressort en premier la force du film avec sa fin ouverte… L’innovation est que le blockbuster qu’est Inception a un discours, un message, c’est le personnage d’Ariane qui le clame « C’est de la création pure ». Tout comme son film le plus personnel précédent, Le Prestige, Christopher Nolan réfléchit sur la création, ses mécanismes, la part de l’imaginaire et son langage protéiforme. Cela est mis en scène dans Inception, tour à tour film noir, d’espionnage, de science-fiction surtout ou de drame, différents genres au service d’un même film pour différents niveaux de conscience, car il en est ainsi pour le cerveau humain. Oui Inception est un film cerveau, au même titre que les 3 derniers films de David Lynch ou certains films de Roman Polanski (Répulsion, Rosemary’s Baby, Le Locataire ou dernièrement The Ghost Writer), dont aucun sont des films grand public, mainstream. Un film cerveau est tout simplement un film où la majorité de l’intrigue, du récit et donc de l’action du film s’effectue dans la psyché, l’esprit d’un personnage, créant ainsi pour cela ses propres références de réalité.

 

En clair, Christopher Nolan avec Inception réfléchit sur la création, qui par conséquent réfléchit sur la définition et la signification du cinéma, certes pas de la même manière qu’Apichatpong Weerasethakul, mais plus accessible et abordable, d’où cette première place de l’année cinéma 2010.

Hamburger Pimp

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About Hamburger Pimp

Rônin durant l’ère Edo au 17ème siècle, mais persuadé de venir d’ailleurs, il fût de l’armée de samouraïs chargée d’exterminer des carcasses à moitié vide de zombies peuplant un domaine proche du mont Fuji, dirigé par un seigneur cannibale. Des victimes revenus en bourreaux peut-on dire. Il fût le seul survivant des sabreurs, blessé par une marque maudite, qui par moments le zombifie le poussant à rechercher de la chair fraîche mais allongeant sa vie considérablement, le rendant encore vivant aujourd’hui. Depuis il traque des zombies à travers le monde et le temps, à bon prix, ce qui l’a poussé à se faire passer pour un dirigeant de société de cinéma spécialisée dans les effets spéciaux gores alors que ce sont les zombies tout juste repassés par sa lame précise. Il lui arrive souvent de récupérer du sang afin de le réinjecter dans la terre d’un bonsaï conservé depuis des siècles. Cet arbre minuscule, pourrait être la clé de son salut face à sa fatalité…