Critique Le Village des Ombres

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Le Village des Ombres

de Fouad Benhammou

avec Christa Theret, Barbara Goenaga et Ornella Boulé

France – 2010 – 1h43

Rating: ★☆☆☆☆

Une bande d’amis partent passer le weekend dans la maison de famille de l’un d’entre eux à Ruiflec, village paumé de la campagne française. Alors qu’une averse s’abat sur eux, le groupe est séparé. Arrivés au village, cinq d’entre eux tentent de retrouver les disparus. Mais sur le village désert plane une étrange atmosphère.

Après avoir vu un véritable raz de marée de survival trashos, le cinéma de genre français semble vouloir redorer son blason à grands coups de métrages se revendiquant largement de leurs pairs, citant plus ou moins consciemment et tout azimuts, Bernie Bonvoisin dans les dialogues et persos cradingues de La Meute, ou encore Hostel pour Captifs. Au grand jeu de la filiation revendiquée ouvertement, Fouad Benhammou se targue de rendre hommage aux belles œuvres de l’Horreur espagnol intimiste et onirique telle que l’ont initiée Guillermo Del Toro dans son Echine du Diable ou Alejandro Amenabar avec ses Autres. Malheureusement pour le réalisateur, ses intentions étant somme toute très louables, le résultat n’en est pas moins déconcertant. Filiation avouée oblige, Benhammou tente de nous immerger dans sa photo bleutée, ses décors assez soignés et crédibles, seules véritables réussites du film, bien qu’ils ne transpirent pas l’inventivité.

Avec un scenario truffé de belles incohérences et de lieux communs rendant les situations très prévisibles, Le Village des Ombres n’est pas sans rappeler les sombres heures du cinéma horrifique français, Promenons nous dans les Bois en tête, enchainant les scènes mollement flippantes avec des flashbacks historico-capillo-tractés (et faute de moyens plutôt difficiles à crédibiliser) pour délivrer foison d’explications alambiquées afin de bien tenir la main de son spectateur (au cas où celui-ci décrocherait d’un cil et se retrouverait perdu dans la confusion ambiante). C’est tout le problème d’un scénario improbable, on se sent obligé de se justifier en explicitant tout et de manière peu finaude. Autant dire que certains défauts peuvent être rattrapés par la prestation d’acteurs convaincants. Là encore, le réalisateur n’a pas ça pour lui. Christa LOL Theret est toujours aussi hystérique et d’une vraisemblance proche de celle des comédiens d’une sitcom AB, tout comme la majorité du casting, à l’exception de Barbara Goenaga, compatriote du maitre Del Toro, qui prouve que, bien qu’on ne joue pas dans sa langue maternelle, on peut comprendre les rudiments du métier et détonner par sa justesse d’interprétation au milieu du marasme ambiant.

Une preuve encore que le cinéma français est assez mal barré pour s’illustrer dans le cinéma de genre et que le fantastique à la française ne s’est jamais porté aussi mal. Heureusement, Rubber relève bien le niveau.

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About Lullaby Firefly

Créature assemblée par les mains expertes d’un obscur savant fou d’origine bavaroise à l’accent tranchant comme un scalpel, Lullaby Firefly profite chaque année de la nuit d’Halloween pour s’illustrer dans quelques macabres méfaits, comme le vol de sucettes et le racket d’oursons en gélatine. Oubliant souvent sa tête dans le frigo, rempli de restes de villageois qu’elle affectionne particulièrement, elle se rend régulièrement dans la clinique du Docteur Satan pour un petit rafistolage express, secret de son éternelle jeunesse.