Hitchcock en 13 films

Commençant sa carrière comme concepteur d’intertitres pour les productions des studios Islington, Alfred Hitchcock (1899-1980) a marqué le cinéma de son empreinte. En plus de cinquante ans de carrière, le cinéaste anglais, installé à Hollywood dans les années 40, n’aura de cesse de perfectionner les mécanismes du suspense à travers une soixantaine de films, sans compter ses contributions pour la télévision. Petit retour sur quelques unes de ses œuvres emblématiques.

 

 

 

 

Les 39 Marches (The 39 Steps – 1935)

Un Canadien recueille une femme qui se fait assassiner chez lui et doit partir en Ecosse pour mener l’enquête afin de prouver son innocence. Au programme: énigmes et bisbilles entre services secrets d’où va devoir se dépêtrer un homme ordinaire, héros hitchcockien par excellence, qui n’en demandait pas tant. Après plus d’une vingtaine de films, le premier gros succès planétaire d’Alfred Hitchcock et, accessoirement, le meilleur de sa période anglaise.

 

 

 

 

Une Femme Disparaît (The Lady Vanishes – 1938)

Une vieille dame disparaît d’un train et la passagère qui s’en rend compte va devoir lutter ferme pour ne pas se faire passer pour folle. Autre film d’espionnage emblématique de la période anglaise dans un huis-clos qui prend pour décor les différents compartiments d’un train en marche. Hitchcock y affirme son goût pour les histoires insolites ainsi que pour les moyens de transports, motifs récurrents dans son œuvre.

 

 

 

 

Rebecca (Rebecca – 1940)

La nouvelle épouse d’un veuf richissime est confrontée au fantôme de celle qui l’a précédée ainsi qu’à l’accueil étouffant du personnel de maison. D’après un roman de Daphne du Maurier, ce conte gothique est le premier film américain d’Hitchcock, enfin adopté par Hollywood. Onze nominations aux Oscars dont deux rapportés (Meilleur Film et Meilleure Photographie). Par la suite, Hitchcock ne réitéra jamais ce palmarès.

 

 

 

 

L’Ombre d’un Doute (Shadow of a Doubt – 1943)

Une jeune fille soupçonne son oncle d’être un tueur de femmes riches. Entre affection et crainte, le bras de fer psychologique va commencer. Interprété par Joseph Cotten, l’une des figures emblématiques du cinéma d’Orson Welles, le meurtrier devient ici plus nuancé. Pour Hitchcock : « Tous les méchants ne sont pas noirs et tous les héros ne sont pas blancs. Il y a des gris partout ».

 

 

 

 

 

Lifeboat (Lifeboat – 1944)

Les rescapés d’un paquebot torpillé par l’armée allemande se retrouvent sur un canot de sauvetage. Mais lorsqu’un nazi prend place dans l’embarcation, les tensions deviennent rapidement palpables. Ecrit par John Steinbeck, ce célèbre huis-clos à ciel ouvert est à la base une œuvre de propagande. Hitchcock détournera les règles du genre pour en faire un portrait des classes sociales de l’Amérique en temps de guerre.

 

 

 

 

La Maison du Docteur Edwardes (Spellbound – 1945)

Le docteur Edwardes (Gregory Peck) se présente comme le nouveau directeur d’un hôpital psychiatrique mais se révèle en fait n’être qu’un malade amnésique soupçonné de meurtre. Ingrid Bergman en tombe amoureuse et va faire tout son possible pour qu’il retrouve la mémoire. Avec l’aide graphique du peintre Salvatore Dali, Hitchcock fait une incursion remarquée dans le monde des rêves et de la psychanalyse.

 

 

 

 

Les Enchaînés (Notorious – 1946)

La fille d’un espion allemand collabore avec un agent secret américain pour une mission d’infiltration au sein d’une bande d’anciens nazis qui cherchent à fabriquer une bombe atomique. Deuxième participation pour Ingrid Bergman ainsi que pour Cary Grant dans ce classique qui mêle film d’espionnage et histoire d’amour. Certainement la meilleure œuvre d’Alfred Hitchcock pour les années 40.

 

 

 

 

 

L’Inconnu du Nord-Express (Strangers on a Train – 1951)

Un champion de tennis rencontre un inconnu qui lui propose un étrange marché: le premier devra tuer le père du second qui, en échange, assassinera l’épouse envahissante du sportif. Mais le tennisman ne le prend pas au sérieux. Cette adaptation d’un roman de Patricia Highsmith par Raymond Chandler permet à Hitchcock de jouer sur les questions de culpabilité. N’avons-nous tous pas une raison de vouloir assassiner quelqu’un qui nous pourrit la vie ?

 

 

 

 

Fenêtre sur Cour (Rear Window – 1954)

Immobilisé dans son appartement par une jambe emplâtrée, un photographe comble son ennui en espionnant ses voisins et découvre que l’un d’entre eux vient d’assassiner sa femme. Le film emblématique du maître du suspense qui joue avec le spectateur dont le voyeurisme est cristallisé par le personnage de James Stewart. Afin de bien marquer le propos, la caméra ne sortira jamais de l’appartement du héros, condamné à suivre les évènements de sa fenêtre.

 

 

 

 

Sueurs Froides (Vertigo – 1958)

Un détective privé souffrant d’acrophobie tombe amoureux de la femme qu’il est chargé de prendre en filature. Et lorsque celle-ci meurt sous ses yeux, l’homme sombre dans la dépression jusqu’à ce qu’il rencontre le sosie de son amour perdu. Un film psychologique à la profondeur abyssale qui relègue l’intrigue policière au second plan. Pour beaucoup, le plus grand chef d’œuvre d’Hitchcock.

 

 

 

 

 

La Mort aux Trousses (North by Northwest – 1959)

Un publicitaire est pris à tort pour un agent secret et se retrouve poursuivi à travers les Etats-Unis par une dangereuse organisation criminelle. Innocent accusé à tort, blonde vénéneuse, double, manipulation, services secrets, voyages en train, vieux garçon… Tous les thèmes hitchcockiens sont joyeusement passés à la moulinette dans ce flamboyant film d’espionnage interprété non sans humour par Cary Grant. Un sommet du genre.

 

 

 

Psychose (Psycho – 1960)

Une employée de banque s’enfuit avec une valise pleine de billets et arrive dans un motel tenu par un garçon timide et sa mère possessive. Un tournant radical dans le monde du film d’horreur. Adieu les monstres et bienvenue aux malades mentaux! Hitchcock fait assassiner son héroïne avant la moitié du film pour que le spectateur puisse se perdre dans les méandres terrifiants du cerveau schizophrène de Norman Bates. D’après le roman de Robert Bloch.

 

 

 

 

Les Oiseaux (The Birds – 1963)

Les habitants d’une petite ville côtière sont assaillis par des oiseaux devenus extrêmement agressifs. Après La Taverne de la Jamaïque et Rebecca, Hitchcock adapte à nouveau Daphne du Maurier pour son unique incursion dans le fantastique pur. Le dernier des chefs-d’œuvre indiscutables du maître porte un parfum de fin du monde, rehaussé par des effets spéciaux aussi simples qu’ingénieux.

The Vug

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About The Vug

Utilisant que très rarement sa soucoupe volante en raison de son mal des transports, The Vug passe ses journées devant la télévision en se gavant de nicotine (l’unique aliment terrien qu’il peut supporter). En attente d’une régularisation de sa situation (ses papiers d’identité n’étant pas reconnus par l’administration), il descend régulièrement au bistrot en bas de chez lui, toujours accueilli par le patron d’un affectueux « Et un p’tit blanc pour le p’tit gris ! ».