Critique de Paranormal Activity 2

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Paranormal Activity 2

de Tod Williams

avec Katie Featherston

Etats-Unis – 2010 – 1h30

Rating: ★★☆☆☆

 

Kristy, la soeur de Kathy (héroïne du premier Paranormal Activity), emménage avec son mari, leur bébé Hunter et Ali, sa belle fille. Suite à la mise à sac de leur maison, ils décident de faire installer des caméras de vidéo-surveillance dans toute la maison. Mais peu à peu, il leur semble qu’une présence maléfique en veut après Hunter.

 

Avec une bande annonce largement pompée sur celle de [Rec] (présenter les mines apeurées du public lors de la projection du film), et un premier opus très tiède niveau scènes d’épouvante, Paranormal Activity 2 avait du pain sur la planche pour sortir du carcan imposé. Comme ces précurseurs en matière de documenteur, Cannibal Holocaust et Blair Witch, ainsi que son prédécesseur, le film débute sur un carton, preuve de véracité des faits (bien que ce soit une fiction) afin de plonger l’audience dans une atmosphère réaliste, histoire d’optimiser l’effet dramatique de la situation. Ce qui s’avère très inutile vu que l’on n’y croit pas trente secondes. D’autant plus qu’au bout de quelques minutes de film, un autre panneau vient nous annoncer que les évènements sont antérieurs à ceux du premier (les coquins de producteurs s’étaient bien gardés de nous l’avouer dans leur campagne de promo massive). Si c’est pour crédibiliser l’histoire, on est mal barré.

 

Pour régler le problème de caméra unique du premier volet, Tod Williams et sa team ont eu l’idée de jouer sur l’omniprésence des caméras de surveillance, multipliant ainsi les angles de vue. Idée tellement évidente qu’on en vient à se demander pourquoi ne pas l’avoir utilisé plus tôt (Katie et Micah seraient-ils fauchés à ce point?). Alors que sur le papier cela peut présager de bonnes scènes de flippette, sur l’écran, ça s’avère surtout être une commodité de réalisation, assez mal utilisée. Chaque nuit les plans des différentes caméras sont répétés dans le même ordre, et beaucoup ne sont là que pour créer une attente souvent vaine. Les faux raccords pleuvent en pagaille (un couteau sur le plan de travail et hop une orange apparaît, l’esprit de la maison serait-il celui de Houdini?) et aucune tension ne vient réellement titiller le système nerveux du spectateur en attente de sa dose d’adrénaline, du moins avant le dernier quart d’heure du film. Les enjeux sont tous connus et déjà vus (le bébé, le chien…La Colline a des Yeux ?!) et on adhère difficilement à la terreur que cela doit créer.

Alors que l’on avait dû se contenter de deux ou trois objets se balançant et de quelques portes qui claquent (tiens, c’était pas déjà le cas du premier?), le feu d’artifice final est en marche et là, ça fuse, enchainant jumpscare sur jumpscare, qui dans l’ensemble, fonctionnent plutôt bien, car ils sont vraiment pensés pour la salle de cinéma, jouant sur le grand espace de l’écran et l’effet caméra nocturne et infrarouge (bien que cela rappelle fortement la fin de [Rec]). Mais le plus louable (sans être non plus la trouvaille du siècle) reste le lien fait avec les évènements du premier car c’est non seulement un pari bien casse gueule, mais en plus ce n’est pguère évident de réussir à crédibiliser le tout. Pour le coup, on peut bien leur reconnaître ça, le twist tient la route et même si ça ne sauve pas le film, ça a l’avantage de sauver au moins les meubles.

 

Longuet dans sa narration, inégal au point de vue anxiogène, choix de réalisation mal exploité, c’est sûr, Paranormal Activity 2 n’est pas LE film d’horreur qui va marquer la décennie (comme son premier bien que le réalisateur Oren Peli en avait plus ou moins clairement l’intention…ratée). Mais , forcé de lui reconnaître d’être bien moins pire que ce que l’on pouvait croire, et même s’il est encore un peu mou du genou, il comporte tout de même deux ou trois scènes bien stressantes, même si elles perdent en originalité devant des Blair Witch ou autre [Rec] précités qui, eux, ont mieux utilisé le procédé et cela, bien avant le premier opus.

 

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About Lullaby Firefly

Créature assemblée par les mains expertes d’un obscur savant fou d’origine bavaroise à l’accent tranchant comme un scalpel, Lullaby Firefly profite chaque année de la nuit d’Halloween pour s’illustrer dans quelques macabres méfaits, comme le vol de sucettes et le racket d’oursons en gélatine. Oubliant souvent sa tête dans le frigo, rempli de restes de villageois qu’elle affectionne particulièrement, elle se rend régulièrement dans la clinique du Docteur Satan pour un petit rafistolage express, secret de son éternelle jeunesse.