Critique de Kaboom

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Rating: 3.8/5 (5 votes cast)

 

Kaboom

De Gregg Araki

Avec Thomas Dekker, Haley Bennett, Juno Temple, Roxane Mesquida, Chris Zylka et Kelly Linch

Etats-Unis – 2009 – 1h26

Rating: ★★★★★

Smith, qui va bientôt fêter ses 19 ans, est hanté par un mystérieux rêve où il déambule nu dans un étrange couloir. Partageant sa chambre d’étudiant avec Thor, un surfeur caricatural dont il est secrètement amoureux, le jeune garçon multiplie les conquêtes bisexuelles jusqu’au soir où il est témoin d’un meurtre perpétré par trois individus masqués. Stella, sa meilleure amie lesbienne, essaie difficilement de mettre fin à une relation qu’elle a entamée avec une fille douée de pouvoirs paranormaux. Ensemble, ils vont tenter de percer les mystères qui planent sur leur campus.

Digne héritier de John Waters, Gregg Araki revient à son genre de prédilection, la comédie pop déjantée, qui avait fait sa renommée dans les années 90 en l’imposant comme l’une des figures phares du cinéma indépendant US. Rythme effréné, dialogues qui font mouche, Kaboom lance d’emblée son spectateur dans une intrigue en forme de montagnes russes où l’on frémit autant que l’on rit avec toute une galerie de personnages aussi destroys qu’attachants.

Prenant pour toile de fond un complot de grande envergure manigancé par une obscure société secrète, le film s’éparpille dans toutes les directions en partant d’un thème geek en puissance, celui de l’instauration d’un Nouvel Ordre Mondial par une élite souterraine, thème qui affole actuellement les internautes des sites qualifiés à tort ou à raison de conspirationnistes. Bien que le réalisateur de Doom Generation et de Nowhere ait voulu, de son propre aveu, suivre les traces twin peaksiennes de David Lynch, il n’en oublie par pour autant ses thèmes récurrents: jeunesse décadente, homosexualité, libido exacerbée, société de consommation et musique rock’n’roll. Esthétiquement, le film est proche des comic strips, divisant le cadre par de nombreux split-screens, usant des couleurs flashy chères à Araki, enchaînant des scènes souvent courtes, presque des gags, jusqu’au titre en onomatopée de bandes dessinées.

Thriller adolescent où l’on parle autant que l’on baise, Kaboom se construit comme la mèche allumée d’un bâton de dynamite qui va péter, à l’image des dernières minutes cartoonesques où les révélations abracadabrantes fusent à une vitesse folle, reliant tous les mystères de l’histoire avant d’exploser dans un final aussi jubilatoire qu’apocalyptique. Toujours en phase avec son époque et ce, malgré ses cinquante ans passés, Gregg Araki signe un retour aux sources réussi et bienvenu.

The Vug

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About The Vug

Utilisant que très rarement sa soucoupe volante en raison de son mal des transports, The Vug passe ses journées devant la télévision en se gavant de nicotine (l’unique aliment terrien qu’il peut supporter). En attente d’une régularisation de sa situation (ses papiers d’identité n’étant pas reconnus par l’administration), il descend régulièrement au bistrot en bas de chez lui, toujours accueilli par le patron d’un affectueux « Et un p’tit blanc pour le p’tit gris ! ».