Critique de Histeria

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Histeria

de James Lee

avec Liyana Jasmay, Ramli Hassan, Vanida Imran, Ako Mustapha et Adlin Aman Ramlee

Malaisie – 2008 – 1h30

Rating: ★★★★☆

Retrouvée couverte de sang et sous le choc, une jeune lycéenne, Murni, est soupçonnée par la police d’avoir assassiné sa bande de copines, les Pink Ladies, avec lesquelles elle avait été collée par le directeur de l’établissement durant trois jours suite à une mauvaise farce. En observation à l’hôpital, elle raconte comment un simple jeu les a conduit à réveiller un esprit démoniaque.

 

Dans la poignée de films du sud est asiatique qui nous parvient, le cinéma de genre malais ne fait pas parti des plus distribués. Alors forcément, la sortie d’Histeria, même s’il est réservé à l’exploitation DVD, ça ne peut que nous tenter. Autant dire qu’on n’est pas déçu du voyage. Doté de très bonnes scènes horrifiques, le film nous plonge dans une atmosphère crispante dès l’intro et ne nous laisse que quelques moments de répit. La blague des jeunes pensionnaires (faire croire à une fausse possession pour se moquer d’un guérisseur appelé par la direction de l’établissement) les amène à devoir rester dans le lycée déserté par les autres élèves en vacances pour trois jours de retenue. L’immensité du bâtiment, l’absence quasi totale d’ adultes (seuls l’éducateur libidineux et le jardinier à l’œil torve sont resté) et cette présence qui erre dehors dans la végétation dense qui borde l’enceinte, voilà de quoi poser une ambiance bien tendue jusqu’à la fin. De cette banale expérience d’adolescentes (se réunir en pleine nuit pour réciter une invocation à un démon chopé sur le Net) va découler un véritable massacre, les fameuses Pink Ladies n’étant pas de petits anges, sans pour autant atteindre toutefois le degrés de débauche de leur homologues américaines dans les films de slashers. C’est bien là la finesse du scenario: les filles sont des ados et se comportent comme telles, avec leurs préoccupations futiles, leurs petits copains, l’ambiguïté sexuelle, leur portable, leur cruauté envers les plus faibles, leur insouciance, bref, une description réaliste de l’âge con, de la méchanceté féminine et de ce besoin d’être reconnue par ses camarades pour exister.

 

Mais ne nous y trompons pas, il s’agit bien d’un film d’Horreur. Les scènes de mise à mort sont ingénieusement placées hors champ pour la plupart, ce qui amplifie l’épouvante de la découverte du résultat, appuyée par les maquillages bien foutus des corps lacérés et mutilés. Le monstre est également très crédible, fait à l’ancienne comme cela semble être la mode actuellement (n’en déplaise à ceux qui saturaient des effets numériques). Les cadrages larges chers à Hideo Nakata se retrouvent ici utilisés avec parcimonie, créant toujours cette attente angoissante chez le spectateur, comme quoi la recette marche toujours. La mise en image de l’hystérie (qui pendant longtemps a été considérée comme maladie de femme uniquement) illustre à merveille la pathologie. Bien que le twist soit assez classique, la dernière mort reste très surprenante, point d’orgue magistral de la course poursuite finale.

 

Sans tomber dans l’outrance gore, sans faire dans la morale grasse, Histeria dresse un portrait archétypal des adolescentes tout en remettant au goût du jour de bonnes vieilles formules du genre, sans prétention autre que de nous immerger dans cette ambiance sombre et inquiétante.

Lullaby Firefly

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About Lullaby Firefly

Créature assemblée par les mains expertes d’un obscur savant fou d’origine bavaroise à l’accent tranchant comme un scalpel, Lullaby Firefly profite chaque année de la nuit d’Halloween pour s’illustrer dans quelques macabres méfaits, comme le vol de sucettes et le racket d’oursons en gélatine. Oubliant souvent sa tête dans le frigo, rempli de restes de villageois qu’elle affectionne particulièrement, elle se rend régulièrement dans la clinique du Docteur Satan pour un petit rafistolage express, secret de son éternelle jeunesse.