Critique de The House of the Devil

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The House of the Devil

De Ti West

Avec Jocelin Donahue, Tom Noonan, Mary Woronov et Greta Gerwig

Etats-Unis – 2009 – 1h33

Rating: ★★★☆☆

Afin de pouvoir se payer la maison de ses rêves et quitter sa chambre universitaire, Samantha accepte un job de baby-sitter largement rémunéré dans une vieille maison isolée dans les bois. Arrivée sur place, elle est accueillie par un couple à l’attitude un brin suspecte qui lui demande, contrairement à ce qu’elle pensait, de garder en leur absence une dame âgée. D’abord réticente, Samantha accepte le travail non sans en avoir fait quadrupler le salaire. Alors qu’une éclipse lunaire va avoir lieu dans la nuit, la jeune fille se retrouve donc seule dans la vaste demeure. Une nuit de cauchemar l’attend.

Production à petit budget, The House of the Devil frappe en premier lieu par son charme rétro, façon revival fin seventies/début eighties à l’instar du Piranha d’Alexandre Aja. Optant pour un esthétisme proche des films du John Carpenter de la grande époque, ce quatrième long-métrage de Ti West (réalisateur malheureux d’un Cabin Fever 2 déjà promis aux bacs à soldes) préfère donc se concentrer sur la mise en place d’une atmosphère plutôt que sur des effets de style (pas d’effets techno-indus à la Saw ou de caméra subjective à la Rec).

Ici, la part belle est donnée aux interprètes (et plus particulièrement à la jeune et quasi-inconnue Jocelin Donahue qui incarne Samantha) chargés d’instaurer l’angoisse dans un scénario en somme assez minimaliste. L’une des premières grandes qualités du film réside indiscutablement dans les dialogues entre la baby-sitter et ses employeurs, un chassé-croisé verbal où l’on ne se répond jamais clairement, jouant sur un double discours qui révèle l’aspect douteux de l’entreprise. Pourtant, Samantha, dont le besoin de gagner de l’argent frôle le désespoir, ne recule pas, sa motivation pécuniaire la rendant coupable de sa propre perte, à la manière d’une héroïne hitchcockienne.

The House of the Devil repose ensuite sur l’attente, la grande majorité du film étant axée sur les déambulations solitaires de Samantha dans cette lugubre bâtisse victorienne. Cette dernière est d’ailleurs transformée en entité inquiétante par de savants cadrages extérieurs où la jeune fille, filmée à travers les fenêtres, semble piégée comme une souris dans une cage. A-t-elle des raisons de flipper au fur et à mesure que le temps passe ou se fait elle peur toute seule comme n’importe qui le ferait dans une même situation ?

Hormis le meurtre de la meilleure amie qui a amené Samantha à son travail (interprétée par Greta Gerwig, la copine de Ben Stiller dans Greenberg), prouvant au spectateur que notre baby-sitter est plutôt mal barrée, il ne se passe pas grand chose avant le dernier quart d’heure du film où tout s’accélère. Par son titre, on se doute que la conclusion de The House of the Devil aura un rapport avec Satan, ou à défaut avec des satanistes. Prévisible, le climax perd en intensité et n’atteint pas la hauteur de l’angoisse mise en place précédemment, déception certainement accentuée par le fait que le film, privée d’une exploitation en salle, sorte directement chez nous en DVD. Si la petite lucarne n’est peut être pas le meilleur format pour apprécier cette Maison du Diable à sa juste valeur, Ti West s’est néanmoins révélé comme un réalisateur à suivre.

The Vug

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About The Vug

Utilisant que très rarement sa soucoupe volante en raison de son mal des transports, The Vug passe ses journées devant la télévision en se gavant de nicotine (l’unique aliment terrien qu’il peut supporter). En attente d’une régularisation de sa situation (ses papiers d’identité n’étant pas reconnus par l’administration), il descend régulièrement au bistrot en bas de chez lui, toujours accueilli par le patron d’un affectueux « Et un p’tit blanc pour le p’tit gris ! ».