Critique de Suck

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Suck

De Rob Stefaniuk

Avec Rob Stefaniuk, Malcolm McDowell, Dave Foley, Iggy Pop, Henry Rollins, Jessica Paré et Alice Cooper

Canada – 2009 – 1h31

Rating: ★★★☆☆

Joey est le leader des Winners, un groupe de rock canadien qui, contrairement à son nom, galère un maximum. Alors qu’ils sont lancés dans une tournée nord-américaine vouée à la catastrophe suite au départ de leur manager, les musiciens voient leur jolie bassiste s’acoquiner avec un vampire. Devenue elle-même une suceuse de sang vorace, la jeune fille attise le buzz sur le groupe par ses prestations scéniques endiablées. Les portes du succès pourraient peut-être bien s’ouvrir pour les Winners si un vieux chasseur de vampires inconsolable n’était déjà à leurs trousses.

Dans le bestiaire monstrueux, qui y a-t’il de plus rock’n’roll que le vampire ? Immortel, il vit la nuit, accumule les conquêtes et se shoote au sang frais. C’est sur ce postulat que s’appuie Suck, premier film de Rob Stefaniuk, un acteur jusque là confiné à des tous petits rôles dans des séries TV. Pour être francs, nous attendions de pied ferme cette comédie fantastique uniquement pour son casting rock à tomber par terre : Alice Cooper en barman vampire, Iggy Pop en producteur ermite, Henry Rollins en DJ ringard (qu’est-ce qu’on l’aime Henry Rollins à Celluloïdz!) et Moby en chanteur métalleux bouffeur de viande. Ajoutons également la présence du beaucoup moins connu Dimitri Coats, leader du groupe Burning Bridges, interprétant le vampire Queeny, le gros méchant du film, sorte de Lestat (comprenez Tom Cruise) semblant davantage sortir d’un container à ordures que des Enfers.

Rock’n’roll, Suck l’est indiscutablement, multipliant les clins d’œil par des références appuyées à des pochettes d’albums cultes (Abbey Road des Beatles, Electric Warrior de T. Rex, The Kids Are Alright des Who, Born in the USA de Bruce Springsteen…) et foisonnant de passages musicaux. Est-ce pourtant suffisant pour en faire un bon film ? Si l’entreprise reste sympathique, on regrettera néanmoins le ton trop adolescent (This Is Spinal Tap de Rob Reiner reste bien plus mature), la vision un peu simpliste de l’industrie du disque, le jeu parfois limite des acteurs principaux et les effets clippesques de ce film au visuel ultra-léché.

Mais ne jetons pas Suck aux orties pour autant. Car le film regorge de bonnes idées. En premier lieu, l’emploi de Malcolm McDowell en chasseur de vampires borgne qui a peur du noir, habilement nommé Eddie Van Helsing pour l’occasion. Les quelques effets gores sont également inventifs. Boire du sang avec une paille plantée dans le cou de la victime, façon soda, est une idée très novatrice pour souligner l’aspect consommateur du vampire. De plus, Suck reste avant tout une comédie. Et les répliques cultes fusent : « Toi t’es un batteur alors tu te tais ! » ou « Pourquoi vous continuer à tirer si vous voyez rien ? » lancée par un roadie désespéré de recevoir des carreaux d’arbalète perdus.

Malgré ses nombreux défauts, Suck reste un film attachant, une petite sucrerie que l’on ne voudrait même pas échanger contre dix paquets de Twilight. Dernier point : ne cherchez nulle part les horaires de séances, Suck sort directement chez nous en DVD.

The Vug

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About The Vug

Utilisant que très rarement sa soucoupe volante en raison de son mal des transports, The Vug passe ses journées devant la télévision en se gavant de nicotine (l’unique aliment terrien qu’il peut supporter). En attente d’une régularisation de sa situation (ses papiers d’identité n’étant pas reconnus par l’administration), il descend régulièrement au bistrot en bas de chez lui, toujours accueilli par le patron d’un affectueux « Et un p’tit blanc pour le p’tit gris ! ».