Critique de Resident Evil : Afterlife 3D

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Resident Evil : Afterlife 3D

De Paul W.S Anderson

Avec Milla Jovovich, Ali Larter, Shawn Roberts et Wentworth Miller

Etats-Unis – 2010 – 1h40

Rating: ★☆☆☆☆

Alors que le Virus T mis au point par Umbrella Corporation a transformé le monde entier en une vaste ruine infestée de zombies et autres créatures cauchemardesques, Alice, à qui la compagnie a combiné l’ADN avec le virus, lui conférant force et pouvoirs exceptionnels, revient assouvir sa vengeance à Tokyo pour détruire la multinationale à l’origine de la quasi disparition de l’Humanité. Mais l’impitoyable Albert Wesker qui en est à la tête parvient à s’échapper, après avoir injecté un vaccin dans le corps de la jeune femme, la privant de ses supers pouvoirs. Redevenue génétiquement humaine, Alice part à la recherche de ses amis et des survivants qui avaient rejoint Arcadia, havre de paix sans contamination en Alaska.  Mais une fois sur place, elle trouve l’endroit désert, à l’exception de Claire Redfield, amnésique. Toutes deux vont partir sur Los Angeles, où elles vont trouver une poignée de survivants coincés dans une prison assiégée par des milliers de zombies.  Ils vont tout tenter pour rejoindre Arcadia, qui s’avère être un mystérieux bateau au large de la ville.

Annoncé depuis longtemps, puis finalement annulé à la sortie du troisième opus (qui devait donc être l’épisode final), Resident Evil : Afterlife semble avoir bénéficié des horizons financiers inespérés que constitue la 3D.  Pour crédibiliser le tout, on a même ressorti de son bureau de simple producteur Paul W.S Anderson, qui avait officié derrière la caméra pour le premier opus de la série, avant de se contenter de signer les chèques des deux suivants. Et oui, Paul W.S Anderson, « réalisateur » à qui l’on doit Mortal Kombat (avec Lambert et sa perruque à la Saroumane), et Alien VS Predator (qui eut cru que Freddy VS Jason allait faire des émules), ce qui présage bien de la catastrophe qui nous attend dans Resident Evil 4.

Avec des effets bullet time à n’en plus finir, ses mauvais découpages numériques, son scénario à peine existant et ses personnages stéréotypés, Paul W.S Anderson a tout de même réussi l’exploit de nous faire voyager dans le passé, car en dehors des trois scènes  3D présentes dans la bande annonce, le film constitue au final un recraché de Matrix et de Blade II réunis (qui sont sortis respectivement en 1999 et en 2002, c’est dire combien ça commence à dater). Avec un méchant en sosie de l’agent Smith (mais sans la prestance d’Hugo Weaving), une scène finale très « Je suis l’Architecte », Anderson cherche à tout prix à étayer un propos assez inconsistant (l’Humanité est foutue et on s’en tape tous le coquillard) pour donner à la saga des allures de culte telles que les frères Wachowski ont réussi à inclure dans la leur. Seulement, le procédé étant quasiment reconnu par tous comme étant de leur fait, Resident Evil ne parvient qu’à faire office de pale copie creuse et commençant à sentir un peu le renfermé. Pour ce qui est de Blade II, ça tient surtout à l’apparition de zombies mutants, très insignifiants au final, plus obstacle que réel antagonisme, mais calqués sur ceux du Guillermo Del Toro. Le tout agrémenté d’une bande son techno-indus, qui cherche à faire du Nine Inch Nails mais en carton pâte.

Et les zombies dans tout ça ? Bah rien en fait. Ils sont aussi inutiles que le reste du film, comme une vague toile de fond, mais sans réelle scène flippante, même pas une petite dévoration express des familles, ni une tension palpable, alors que globalement, ils sont censés être partout. Alors certes, on a droit à deux ou trois bestioles (des chiens mutants, une espèce de bourreau moyenâgeux de 2m20 avec une grosse massue dont on ignore l’origine, le rôle et l’intérêt), mais pas de quoi régaler les amateurs de morts-vivants. Plus chiant que tendu, plus film d’action que d’horreur, la nouvelle bouse de Paul W.S Anderson patauge dans sa surenchère d’effets visuels sans même prendre la peine de faire semblant d’avoir un scénario (les complots nous laissent froids, les personnages aussi, l’intrigue, on la cherche encore)

En somme, Resident Evil : Afterlife (qui comme ses prédécesseurs n’a du jeu que le nom, hormis de vagues clins d’œil de décorum) est une machine à fric, qui en a dépensé autant (deux fois plus que le premier) que ce qu’elle espère en recevoir. A voir si vous avez une nostalgie assoiffée des films d’action de la fin du millénaire précédent et des débuts de celui-ci. Sinon, allez directement à l’essentiel et jouez au jeu vidéo, lui avait au moins l’avantage de faire vraiment flipper.

Lullaby Firefly

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About Lullaby Firefly

Créature assemblée par les mains expertes d’un obscur savant fou d’origine bavaroise à l’accent tranchant comme un scalpel, Lullaby Firefly profite chaque année de la nuit d’Halloween pour s’illustrer dans quelques macabres méfaits, comme le vol de sucettes et le racket d’oursons en gélatine. Oubliant souvent sa tête dans le frigo, rempli de restes de villageois qu’elle affectionne particulièrement, elle se rend régulièrement dans la clinique du Docteur Satan pour un petit rafistolage express, secret de son éternelle jeunesse.