Critique de Oncle Boonmee, celui qui se souvient de ses vies antérieures

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Lung Boonmee Raluek Chat

de Apichatpong Weerasethakul

avec Thanapat Saisaymar, Jenjira Pongpas

Thaïlande – 2010 – 1h53

Rating: ★★★☆☆

En Thaïlande, un fermier âgé, proche de la mort dû à une insuffisance rénale, réfléchit sur sa vie. Mais lors d’un repas, sa défunte femme apparaît tel un fantôme, tandis que son fils apparaît dans un mélange de singe et de chewbacca (qu’on avait aperçu dans les premières minutes à la fois silencieuses et poétiques) aux yeux rouges phosphorescents.

Un point de départ fantastique? Un film de genre comme palme d’or? Cela semble évident car ce film thaïlandais réfléchit sur le ressenti via sa forme expérimentale, alors que tout au long nous serons toujours de la nature dans ce qu’elle a de plus luxuriante. Mais y aurait-il aussi de la science-fiction? En effet, le postulat ne s’arrête sur la fin de vie de l’homme, mais plutôt sur les vies qu’il aurait vécu ou qu’il vivra, et il les vivra sous différentes formes, principalement humain ou animal.

De ce film composé en 6 segments, le cinéaste Apichatpong Weerasethakul s’interroge sur les degrés de notre réalité contemporaine. Nous avons déjà évoqué la question du temps (passé/présent/future), celle des vivants et des morts (les fantômes) et la dualité animal/humain. Mais la réflexion du film soulève par ailleurs la confrontation de la raison face à l’imaginaire, dont les personnages s’accommodent de façon fluide (inventent les fantômes à boire et à manger), mais aussi rêve et réalité, car on n’est plus sûr de rien, notamment à la fin en ville… La nature devient alors une matrice non-divine mais néanmoins très importante où s’échangent des propos anodins (la cueillette du miel), des regrets (la guerre fait par oncle Boonmee contre les chemises rouges) ou des faits sociaux (la méfiance des thaïlandais autour des laotiens) et surtout les différentes vies d’oncle Boonmee. Tout ceci pour amener les spectateur à l’idée finale de la réincarnation qui sous-tend la guérison, dans une impression de lévitation (plane-t-on?) dans un voyage immobile.

Mais le spectateur s’embarque -t-il dans ce voyage? Malheureusement, ce n’est si facile et pourtant c’est nécessaire pour ne pas s’ennuyer durant deux heures. Le spectateur sait-il à quoi renvoie l’expérimentation sonore et visuelle du film? Vivre un rêve conscient, la définition du cinéma, en puisant dans notre esprit tout en gardant le fil de l’histoire, rien de compliqué? Ce n’est pas donné pour autant avec ce film, bien que le ressenti peut être immédiat, ne pas «entrer» dans le film peut être fatal. Alors, chers spectateurs occidentaux, il se peut d’emblée que vous ne saisissez pas les idées de spiritualité, de mémoire, de disparition ou de métamorphose présentées de façon oriental, cela n’empêche pas d’essayer, même si vous serez plutôt de l’avis a posteriori d’avoir vu un film différent qu’un bon film.

Hamburger Pimp

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About Hamburger Pimp

Rônin durant l’ère Edo au 17ème siècle, mais persuadé de venir d’ailleurs, il fût de l’armée de samouraïs chargée d’exterminer des carcasses à moitié vide de zombies peuplant un domaine proche du mont Fuji, dirigé par un seigneur cannibale. Des victimes revenus en bourreaux peut-on dire. Il fût le seul survivant des sabreurs, blessé par une marque maudite, qui par moments le zombifie le poussant à rechercher de la chair fraîche mais allongeant sa vie considérablement, le rendant encore vivant aujourd’hui. Depuis il traque des zombies à travers le monde et le temps, à bon prix, ce qui l’a poussé à se faire passer pour un dirigeant de société de cinéma spécialisée dans les effets spéciaux gores alors que ce sont les zombies tout juste repassés par sa lame précise. Il lui arrive souvent de récupérer du sang afin de le réinjecter dans la terre d’un bonsaï conservé depuis des siècles. Cet arbre minuscule, pourrait être la clé de son salut face à sa fatalité…