Critique de Le Dernier Exorcisme

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The Last Exorcism

De Daniel Stamm

Avec Patrick Fabian, Ashley Bell et Iris Bahr

Etats-Unis – 2010 – 01h27
Rating: ★★★★☆

Le révérend Cotton Marcus est suivi par un cameraman et une preneuse de son, venus tourner un documentaire sur cet étonnant prédicateur, prêchant depuis qu’il a dix ans. En pleine crise de foi, ce dernier tient à leur prouver que l’exorcisme est un pur exercice de style, relevant de la prestidigitation. Profitant de la demande de Louis Sweetzer, bigot desespéré persuadé que sa fille adolescente, Nell, est possédée, Marcus se rend avec l’équipe de tournage dans la ferme familiale pour effectuer son tour de passe-passe mystique, bien loin d’imaginer ce qui va les attendre.

Le style « documenteur » semble devenir ces derniers temps une norme adulée dans le genre de l’horreur. Alors que certains cherchent à donner un caractère réel au procédé, déjà présent dans Cannibal Holocaust, repris dans Blair Witch Project ou plus récemment dans Phénomenes Paranormaux, avec panneaux d’intro sur la fameuse découverte de la vidéo après la disparition des pauvres bougres qui l’ont filmé (ou introduction chiadée de Miss Jovovich pour le dernier), Le Dernier Exorcisme, bien que l’affiche française cherche à nous faire croire le contraire, ne joue pas du tout sur ce ressort là. Le film ne sous-entend à aucun moment que les images peuvent être vraies. Plus qu’un parti-pris esthétique, le style documentaire abolis la distance entre le spectateur et les protagonistes. Les acteurs peu connus (Patrick Fabian, qui joue le révérend Marcus, a pour hauts faits un petit rôle dans Quarantine, le remake us de Rec, et un paquet d’apparitions dans des séries) renforcent  notre immersion dans cet univers,  crédibilisant  les personnages et ce, appuyé par la totale absence de maquillage sur la jeune Ashley Bell (ce qui est un plus par rapport au sacro saint Exorciste de Friedkin qu’il est toujours mal vu de critiquer) , en ado possédée, enchainant expressions démoniaques et larmoyantes de puritaine avec un jeu hallucinant de réalisme. Certes, l’aspect merchandising autour du film va en énerver plus d’un (les producteurs ayant eu la maladresse de créer un faux site au nom du prédicateur héros, mais bourré de photos du film, donc peu crédible), mais l’essentiel reste quand même le travail du réalisateur en soi et non le papier cadeau autour. Et bien que le film comporte effectivement des trahisons délibérées à son concept (la preneuse de son sans sa perche avec du son quand même,  des passages à multi angles), on sent assez rapidement que la volonté de Daniel Stamm n’est pas de faire croire en une quelconque vérité mais bien d’impliquer au maximum le spectateur dans son histoire.  On adhère, on sursaute, on flippe bien et souvent sans même avoir besoin du moindre effet spécial, mais tout en ayant quelque chose d’angoissant apparaissant à l’écran (contrairement à Blair Witch et à ses sous entendus).

On notera au final le décalage du personnage principal, qui nous fait rire et nous touche de part son apparente sincérité, en prêtre Bling Bling persuadé du non fondé de son action qui finira par questionner cette foi qu’il avait lui-même remis en cause. Approche très novatrice du rôle ecclésiastique, le révérend Cotton Marcus nous change de l’habituel cliché de bondieuseries véhiculé par les films du genre. Il est également amusant de remarquer avec quel malin plaisir non dissimulé, Stamm écule, tel un clin d’œil à l’attention de son spectateur, tous les symptômes de la possession imposés par l’oeuvre originelle  de Friedkin (les vomissements, écartèlements et autres vulgarités diaboliques), tels des caractéristiques universelles, au même titre que n’importe quel motif fantastique. N’en déplaise aux détracteurs, ce que l’on retient, c’est que le film s’avère très efficace et apporte sa dose de peur et de sursauts que l’on est en droit d’attendre.

 

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About Lullaby Firefly

Créature assemblée par les mains expertes d’un obscur savant fou d’origine bavaroise à l’accent tranchant comme un scalpel, Lullaby Firefly profite chaque année de la nuit d’Halloween pour s’illustrer dans quelques macabres méfaits, comme le vol de sucettes et le racket d’oursons en gélatine. Oubliant souvent sa tête dans le frigo, rempli de restes de villageois qu’elle affectionne particulièrement, elle se rend régulièrement dans la clinique du Docteur Satan pour un petit rafistolage express, secret de son éternelle jeunesse.