Critique de La Chasse

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Cruising

De William Friedkin

Avec Al Pacino, Karen Allen et Paul Sorvino

Etats-Unis – 1980 – 1h40

Rating: ★★★★★

Al Pacino contre les pédés SM, plus qu’un pitch, un concept

Le film dont je vais parler là est réalisé par William Friedkin que je ne présente pas,  je devrais le faire pourtant, c’est un des grands réalisateurs les moins connus du grand public, mais les mots ne serviraient à rien pour décrire sa démarche tant sur la forme que sur le fond, il faut, comme dirait un type dont j’ai oublié le nom (En fait non, pas oublié, mais ça me fait chier de parler de Saints), il faut le voir pour le croire, alors voici quelques mots et quelques ressentis sur un de ses films, et comme vous le verrez j’espère, un de ses chefs d’œuvres.

Cruising, « La Chasse » en français.

Les deux titres ne signifient absolument pas la même chose, une chasse, vous savez donc tous ce que c’est, c’est un type, avec un fusil ou des couteaux en général qui chasse une proie, parfois, c’est un animal sauvage, enfin bref, vous voyez le délire; le titre original lui est tiré d’une expression américaine signifiant entre autres naviguer, mais décrit aussi le principe de chercher des partenaires sexuels dans des lieux publics et est utilisé surtout pour les hommes gays.

Tiens pas con ça comme idée, moi qui ne savait pas quoi choisir comme angle d’attaque, on va utiliser ces deux titres qui en disent long, et encore une fois, commençons si vous le voulez bien par le titre français (« La Chasse » donc toujours…), qui n’est pas nul, loin de là, mais qui ne capture qu’un aspect, un aspect et demi du film, tout ce qui touche au côté film d’horreur et chasse, la chasse d’un tueur pour chopper ses proies, celles d’un flic pour chopper le tueur, une vraie mise en abîme. En effet, le film, majoritairement nocturne, traite de l’infiltration d’un flic, joué par Al Pacino, dans le milieu gay SM new-yorkais afin de mettre la main sur un tueur très violent et profondément sadique qui sévit justement dans ce milieu là. Dès le premier meurtre, nous sommes dans un thriller, mais un thriller pas comme les autres, presque un film d’horreur tant l’ambiance, la violence, l’univers est lourd, glauque et le tueur invisible… Enfin voilà, je n’en dis pas plus, voilà pour ce qu’on peut tirer du titre français, ce que je vous ai dit là est assez pour faire les rapportes qu’il faut, après tout cher lecteur, t’es pas con, non?
Maintenant, passons au titre original The Cruising, qui est je pense un des titres des plus riches thématiquement, et des plus adaptés à son film de toute l’histoire du cinéma…C’est fou comme la langue anglaise peut en un mot te dire des phrases où rien n’est laissé pour compte. En effet, sens premier, la navigation, le film tangue, sans arrêt, au niveau de la caméra, au niveau de la mer qui ouvre le film, au niveau des personnages qui tanguent aussi, qui sont un coup blancs un coup noirs, cette confusion propre à Friedkin où tout un chacun est remplaçable et où n’importe qui pourrait tenir le rôle de n’importe qui d’autre, ce doute qui assaille Pacino, qui nous assaille concernant ce personnage, tout, c’est pareil pour tous les personnages, même le tueur…Bref, des thèmes chers à ce réalisateur que vous retrouverez ici (D’ailleurs, un mec bien qui cultive ces mêmes thèmes est Ellroy en général et surtout Ellroy dans le Grand Nulle Part, oui c’est un livre, mais tu sais lire, LIS!). Puis enfin pour en venir au deuxième sens du mot « Cruising », il décrit l’univers dans lequel on évolue, le milieu homosexuel SM (je précise, vu qu’à l’époque un amalgame avait été fait avec les gays « traditionnels ») et en plus retranscrit les allers et retours du tueur, des victimes, des flics, de Pacino, de tout ce petit monde qui se chasse, se trouve, se retrouve autour d’une bonne grosse soupe de bite, certains s’en sortant, d’autres non et une minorité restant dans le doute, le flou, naviguant entre deux eaux, voire plus.


Enfin voilà, l’article à été plus long que prévu pour ce film à statut de culte, je ne l’avais jamais vu et l’ai enfin découvert et je ne regrette pas, il offre tout ce que le cinéma peut nous offrir, que ce soit dans sa perfection ou son imperfection, parfois même sa naïveté, son premier degré porté par une paire de couilles magistrale, une équipe mortelle, une réalisation au poil, touchante, imagée, expressive, Friedkin comme une petite poignée sait parler le langage du cinéma, il en connait sa grammaire, son orthographe, ses points, ses virgules et écrit non un best seller mais un grand classique romantique.

J’adore.

Skreemer

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About Skreemer

Comme le dirait son bon pote Brassens, « Autrefois, quand j’etais marmot, J’avais la phobie des gros mots, Et si je pensais «merde» tout bas, je ne le disais pas… Mais Aujourd’hui que mon gagne-pain c’est de parler comme un turlupin, Je ne pense plus «merde» pardi ! mais je le dis. » En plus de tout ça, Skreemer a un goût certain pour la bagarre verbale avec les cons, les livres, les films et les bandes dessinées. Ses biscuits préférés sont les Hello Kitty à la fraise et il a toujours du Coca-Light et des clopes chez lui au cas où une demoiselle passerait. Par contre, il fait de longues phrases sans fin, avec plein de virgules dedans et n’aime pas les tomates. De plus, il est petit en taille et compense en utilisant du verlan.