Critique d’Avatar : Special Edition

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Avatar : Special Edition

De James Cameron

Avec Sam Worthington, Zoe Saldana, Sigourney Weaver, Stephen Lang et Michelle Rodriguez

Etats-Unis – 2009 – 3h08

Rating: ★★★★☆

Au XXIIème siècle, le néo-colonialisme occidental n’épargne même pas les extraterrestres. En effet, de puissants industriels exploitent les mines d’un prodigieux minerai, l’unobtainium, que l’on peut trouver sur Pandora, lune d’une énorme planète bleue. Abritant une luxuriante flore équatoriale, Pandora est également peuplée par les Na’vis, des indigènes extraterrestres vivant en parfaite harmonie avec la forêt et sa faune hostile. Les intérêts économiques des Terriens étant à l’extrême opposée du mode de vie spirituel et écologique des Na’vis, une guerre a été ouverte entre les deux peuples.

C’est dans ce contexte qu’intervient Jake Sully, un soldat que les guerres terriennes ont rendu paraplégique. Venu sur Pandora pour remplacer son défunt frère, Jake est recruté pour un projet scientifique visant à étudier les Na’vis par le biais d’un Avatar, créature artificielle à l’image de ces autochtones, pilotée mentalement et à distance depuis un caisson spécial. Chargé par l’armée d’infiltrer les Na’vis afin d’éviter une conclusion plus radicale au conflit, Jake a trois mois pour convaincre la tribu de quitter les lieux de gisements d’unobtainium. Mais le soldat va rapidement prendre le parti des opprimés.

Ressortie exceptionnelle pour un mois seulement, Avatar : Spécial Edition se veut donc la director’s cut ultime de la grosse machine SF de James Cameron. Agrémentée de minutes supplémentaires et de nouveaux fignolages techniques, cette nouvelle version découle de la volonté du réalisateur de livrer le film qu’il avait en tête, l’original étant sorti prématurément sous la pression générale (bon, en même temps, il a eu douze ans pour le faire son film).

S’il repousse davantage les limites du cinéma que de la science-fiction, Avatar est à prendre pour ce qu’il est : une production gargantuesque visant à offrir un grand spectacle familial. De l’entertainment pur et dur, à la mécanique ultra-huilée, en 3D pour s’en mettre plein les mirettes et qui, comme Titanic, ne prend de la saveur que sur écran géant. Certes, on ne va pas disserter des heures sur la riche thématique de la filmographie de James Cameron (les méchants sont méchants, les gentils sont gentils, pourquoi les méchants sont-ils aussi méchants avec les gentils…) ni sur les emprunts que même un aveugle inculte pourrait relever (Dune, La Forêt d’Emeraude, Danse avec les Loups, Princesse Mononoke, Pocahontas, Le Roi Lion jusqu’au médiocre Clones qui a pris de vitesse Cameron sur le concept de l’Avatar).

Bien qu’il enfonce des portes déjà grandes ouvertes avec son message écolo, Avatar ne s’adresse qu’à l’enfant qui sommeille en chaque spectateur. Et, comme Star Wars ou Le Seigneur des Anneaux, il réussit parfaitement dans son entreprise sincère mais naïve, le deus ex machina final (la nature elle-même se rebiffe) renforçant l’effet cathartique de l’ultime bataille. Mais, hélas, dans notre monde à nous, on sait déjà que Dieu n’existe pas ou, qu’au mieux, il repose en nous. Les Kayapos, Pygmées et autres peuplades opprimées par le Grand Capital ont donc de quoi se faire du souci sur leur sort. Et Avatar ne devrait pas changer grand chose pour eux.

The Vug

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About The Vug

Utilisant que très rarement sa soucoupe volante en raison de son mal des transports, The Vug passe ses journées devant la télévision en se gavant de nicotine (l’unique aliment terrien qu’il peut supporter). En attente d’une régularisation de sa situation (ses papiers d’identité n’étant pas reconnus par l’administration), il descend régulièrement au bistrot en bas de chez lui, toujours accueilli par le patron d’un affectueux « Et un p’tit blanc pour le p’tit gris ! ».