Critique de Ao, le Dernier Néandertal

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Ao, le Dernier Néandertal

De Jacques Malaterre
Avec Simon Paul Sutton et Vesela Kazakova
France – 2010 – 1h24

Rating: ★★★☆☆

Ao, un homme de Néandertal, est capturé par une puissante tribu d’homo sapiens qui a décimé son clan ainsi que Nea, le bébé dont il étaitle père. Parvenant à s’enfuir avec Aki, une homo sapiens enceinte, le guerrier se met en tête de retrouver son frère jumeau auquel il a été arraché dans son enfance. Il décide également de protéger la jeune femme et l’enfant qu’elle porte, y voyant la réincarnation de Nea. Mais pour survivre, les deux êtres humains vont devoir apprendre à apprivoiser leurs différences.

Si l’anticipation est un genre imaginant le futur de l’Humanité, la rétrocipation en est l’exact opposé puisqu’elle cherche à raconter des histoires dans les temps les plus reculés. L’œuvre cinématographique de référence est bien entendu La Guerre du Feu de Jean-Jacques Annaud, adapté du roman de J.H. Rosny ainé, lui-même grand auteur français d’anticipation du début du siècle dernier et qui reste encore injustement trop méconnu. Dans le genre rétrocipatif.  Ao, le Dernier Néandertal suit donc les traces du film de notre JJ national (qui mettait déjà en scène des hommes de Néandertal). Cependant, là où il était précédemment question de partage de connaissances entre deux espèces, le film de Jacques Malaterre (auteur des docu-fictions TV L’Odyssée de l’espèce et Homo Sapiens) illustre quant à lui un autre partage, scientifiquement plus controversé: celui des gènes.

Mais d’abord un peu d’histoire (si vous n’êtes pas jouasses, retournez devant Secret Story). Disparu il y a 28 000 ans, l’homme de Néandertal découle de cette branche de l’Humanité qui a évolué différemment en raison de son isolement sur le continent européen par les grands glaciers. La fin de l’Ere Glaciaire amène les homos sapiens (dont nous faisons actuellement tous partie) sur son territoire. Ce moment de l’Histoire des hommes garde un caractère exceptionnel puisque c’est le seul où deux espèces différentes d’êtres humains ont cohabité sur la Terre. Les raisons de l’extinction des hommes de Néandertal divisent encore les scientifiques mais Ao, le Dernier Néandertal opte pour une théorie découlant d’une récente découverte qui allait à l’encontre des théories précédentes : notre génome comprendrait jusqu’à 4 % de gènes néandertaliens, ce qui démontrerait que les unions entre les deux espèces étaient possibles. L’espèce de l’homme au front protubérant aurait donc disparu en se diluant dans la notre (je renvoie tous ceux qui crient au spoiler à se cultiver davantage).

Parlons cinéma maintenant. Car Ao, le Dernier Néandertal est avant tout un film qui doit justifier l’achat d’une place de ciné. Et raconter de manière fidèle à la réalité une histoire de 90 minutes avec des hommes préhistoriques reste toujours un exercice casse-gueule. Surtout que nous, spectateur lambda, on capte souvent que dalle à ce que peut jacter un homme des cavernes. Pour pallier à cela, Jacques Malaterre rajoute une voix-off pour traduire les pensées et les doutes d’Ao et d’Aki durant leurs aventures. On comprend bien que, dans ce genre d’histoires, il est toujours délicat de choisir un angle d’approche (après tout, La Guerre du Feu nous laissait en plan pour décrypter les dialogues). Mais le procédé choisi nous fait interroger dans les premières minutes, si bien qu’on ne sait plus si l’on est parti pour regarder un bon programme didactique de France Télévisions sur grand écran en place d’un bon film.

Heureusement, une fois plongé dans l’histoire, on finit par s’attacher à Ao (parce qu’au fond, c’est un brave gars) et à l’idylle qu’il va nouer avec Aki. Car, qui dit brassage de gènes dit forcément accouplement. Ce qui se traduit généralement soit par une jolie histoire d’amour, soit par un viol. Si Ao hésitera un moment entre les deux (faut dire qu’à l’époque, les mœurs étaient un poil de mammouth plus bestiales que de nos jours), l’honneur en sortira aussi sauf que le spectateur ému à la fin de la séance. On peut donc dire que Jacques Malaterre a réussi son pari.

The Vug

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About The Vug

Utilisant que très rarement sa soucoupe volante en raison de son mal des transports, The Vug passe ses journées devant la télévision en se gavant de nicotine (l’unique aliment terrien qu’il peut supporter). En attente d’une régularisation de sa situation (ses papiers d’identité n’étant pas reconnus par l’administration), il descend régulièrement au bistrot en bas de chez lui, toujours accueilli par le patron d’un affectueux « Et un p’tit blanc pour le p’tit gris ! ».