Critique de Ondine

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Ondine

De Neil Jordan

Avec Colin Farrel, Alicja Bachleda-Curus, Alison Barry, Stephen Rea et Tony Curran

Etats-Unis/Irlande – 2009 – 1h51

Rating: ★★★★☆

Syracuse, un pêcheur ancien alcoolique désœuvré devant un divorce difficile, une réputation tenace et la maladie de sa fille, prend dans ses filets  une jeune inconnue qui semble être une Selkie, nymphe aquatique légendaire, capable par son chant d’attirer les poissons,  permettant à l’humble pêcheur de multiplier les prises miraculeuses.

A mi chemin entre la critique sociale et le conte moderne, Ondine prouve, s’il faut encore le faire, de la délicatesse poétique et de l’incroyable justesse de réalisation de Neil Jordan. Fort de filmer sur sa terre natale et de mettre en avant une légende folklorique des îles Shettland, le réalisateur nous transporte aux frontières du mythe et de la réalité, aux tons d’aquarelle bleu gris rappelant l’omniprésente eau de la mer, univers rapprochant Colin Farrel, d’une étonnante sensibilité  qu’on ne lui connaissait pas, retrouvant son accent natal qu’il a du apprendre à dompter, de sa sirène,  Alicja Bachleda-Curus, beauté presque inconnue du grand public.

Personnage faisant référence à une légende irlandaise et tirant son nom de la mythologie germanique, Ondine oscille entre le fabuleux du mythe et  du conte et l’implacable dureté de la réalité. Dans une réalité faite d’alcoolisme, de maladie et de difficultés financières, la possibilité de croire au merveilleux tient de l’impossible. C’est pourtant bien ce que le personnage d’Ondine apporte à ce héros malhabile, Syracuse, que l’on continue à surnommer Circus, sobriquet datant de ses déboires de pochetron, et ce, malgré sa sobriété, et à sa fille Annie, atteinte de déficience rénale. Croire qu’elle est une créature fantastique et magique apporte un espoir fou à ces deux âmes meurtries, une échappatoire au poids d’une vie trop lourde à porter. Pour l’une, encore protégée par son innocence d’enfant, cela tient du conte de fée. Pour l’autre, déjà adulte et incrédule, cela tient du mythe, de la superstition.

Fonctionnant sur un double discours entre critique sociale et conte légendaire, Ondine balade le spectateur d’un aspect à l’autre. Sans effets particuliers, sans démonstrations spectaculaires, Neil Jordan sous entends subtilement la magie, le fantastique, le merveilleux de son héroïne. Loin de vouloir brusquer son spectateur, le réalisateur prend le parti de le laisser évoluer dans son univers afin qu’il se fasse sa propre opinion. Ondine est-elle cette créature fabuleuse ou une simple mortelle ? L’important après tout reste l’espoir qu’elle inspire, car au delà du fait que l’espoir fait vivre, il permet surtout d’alléger le poids d’une vie faite de fardeaux aussi difficiles à porter pour une enfant confrontée à une maladie que pour une âme plongée dans la solitude.

Lullaby Firefly

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..there's a brand new talk but it's not very clear

About Lullaby Firefly

Créature assemblée par les mains expertes d’un obscur savant fou d’origine bavaroise à l’accent tranchant comme un scalpel, Lullaby Firefly profite chaque année de la nuit d’Halloween pour s’illustrer dans quelques macabres méfaits, comme le vol de sucettes et le racket d’oursons en gélatine. Oubliant souvent sa tête dans le frigo, rempli de restes de villageois qu’elle affectionne particulièrement, elle se rend régulièrement dans la clinique du Docteur Satan pour un petit rafistolage express, secret de son éternelle jeunesse.