Critique de Phénomènes Paranormaux

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The Fourth Kind

D’Olatunde Osunsanmi

Avec Milla Jovovich, Will Patton, Hakeem Kae-Kazim, Corey Johnson, Enzo Cilenti, Elias Koteas et Charlotte Milchard

Royaume-Uni/Etats-Unis – 2009 – 1h38

Rating: ★★★☆☆

Nome, une ville enclavée de l’Alaska, accessible uniquement par voie aérienne. Abigail Tyler, psychologue, constate que plusieurs de ces patients disent, non sans une terreur apparente, être observés chez eux toutes les nuits par un mystérieux hibou. Réalisant qu’elle est également visitée par une présence inconnue, Abigail commence à croire que des extraterrestres enlèvent régulièrement les habitants de la ville. Mais lorsque l’un de ses patients se suicide après avoir abattu sa famille, la psychologue se retrouve dans le collimateur de la police.

Vicieusement traduit en français par Phénomènes Paranormaux, (pour mieux coller à Paranormal Activity dans la tête des crétins de spectateurs bouffeurs de pop-corn que nous sommes) The Fourth Kind traite des rencontres du quatrième type, à savoir les enlèvements extraterrestres, appelées abductions de l’autre côté de l’Atlantique. On pense à X-Files forcément, mais aussi au cultissime téléfilm The UFO Incident de Dick A. Colla qui relatait le témoignage sous hypnose de Betty et Barney Hill, unique cas d’abduction supposée résistant le mieux aux critiques sceptiques.

Le sujet étant propice aux fantasmes de réalités cachées au grand public (il suffit de voir le nombre de sites web à ce propos), The Fourth Kind adopte le concept du docu-fiction, entremêlant à la narration de faux documents vidéo vendus comme vrais. Histoire de bien nous conditionner à avaler le pacte de lecture, Milla Jovovich donne de sa personne en nous prévenant au début du film que tout ce que nous allons voir est tiré de faits réels et que ce sera à nous, spectateurs, de nous forger notre propre opinion sur le témoignage du Dr. Abigail Tyler qu’elle va elle-même interpréter sous nos yeux ébahis (la fausse vraie Tyler étant jouée dans les parties vidéo par la terrifiante Charlotte Milchard, forcément non créditée).

Le procédé, certes malhonnête, fonctionne pourtant à merveille. Filmés au caméscope (en image bien dégueu avec la date et l’heure), les fameux vrais témoignages des patients sous hypnoses foutent les chocottes (visages déformés par les hurlements, corps en lévitation, voix d’outre-espace…), faisant basculer The Fourth Kind de la SF à l’épouvante dans une ambiance belliqueuse bien éloignée des bonnes intentions zeta-réticuliennes de Rencontres du Troisième Type.

Au final, les seuls faits réels sur lesquels repose le film sont les nombreuses disparitions recensées dans cette partie de l’Alaska, disparitions expliquées par les autorités locales par la nature hostile et reculée des environs et non par des prétendus enlèvements extraterrestres. Ca veut dire quoi alors ? Que tous les gens qui disparaissent en Australie ne tombent pas dans les mains de rednecks psychopathes comme dans Wolf Creek ? Prendre les gens pour des cons, c’est peut-être ça la magie du cinéma. Et dans cette veine, The Fourth Kind tape ultra-fort. Mais bon, en même temps, on aime tellement ça.

The Vug

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About The Vug

Utilisant que très rarement sa soucoupe volante en raison de son mal des transports, The Vug passe ses journées devant la télévision en se gavant de nicotine (l’unique aliment terrien qu’il peut supporter). En attente d’une régularisation de sa situation (ses papiers d’identité n’étant pas reconnus par l’administration), il descend régulièrement au bistrot en bas de chez lui, toujours accueilli par le patron d’un affectueux « Et un p’tit blanc pour le p’tit gris ! ».