Critique de The Crazies

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The Crazies

De Breck Eisner
Avec Timothy Olyphant, Radha Mitchell, Danielle Panabaker et Joe Andersen
Etats-Unis – 2010 – 1h41

Rating: ★☆☆☆☆

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Une petite bourgade de l’Iowa, Ogden Marsh, est aux prises d’un virus plongeant ses habitants dans une folie meurtrière. Afin d’éviter une contamination mondiale, l’armée débarque avec pour unique but d’éradiquer tout risque de propagation et non de sauver la population. Le shérif Dutton et sa femme Judy, ainsi que leurs assistants respectifs, tentent par tous les moyens de fuir la ville.

Dans l’ineffable mode hollywoodienne consistant à remettre au goût du jour les œuvres majeures de l’Horreur des années 70 et 80, on trouve de tout, mais globalement, surtout de rien. Et dans cette longue lignée de resucées indigestes, The Crazies se placent en excellente position. Très librement adapté du chef d’œuvre de George Romero, plus connu dans l’Hexagone par l’atroce dénomination La Nuit des Fous-Vivants, histoire de rappeler au spectateur neophyte que le même George a accouché de La Nuit des Morts-Vivants trois ans auparavant, The Crazies 2010 ne repose en réalité que sur le pitch de base, le virus qui rend fou les infectés et l’intervention musclée de l’armée sur la ville, mais se détache en tout point de son prédécesseur.
Là où Romero insérait rapidement une distance entre ses spectateurs et les protagonistes, la version 2010 de Breck Eisner nous ressort le coup du parfait manichéisme, l’équipe du gentil shérif V.S les méchants soldats et les culs-terreux dégénérés. Exit la prise de position politique et l’universalité du premier opus, avec sa troupe de héros hétéroclites (deux loubards, un chef de famille bien sous tout rapport, l’ado apeurée, etc… très proche de l’échantillon déjà présent dans La Nuit des Morts-Vivants). Dans une esthétique trop léchée, tous les standards du genre sont disséminés au cours du film, au point qu’on finit par anticiper les scènes bien avant qu’elles arrivent (ce qui rend inutile les tentatives de jump scare, dernier ressort du film d’épouvante du pauvre). Perdu dans cette succession de lieux communs, le film a du mal à tenir la longueur niveau tension, et les quelques rares scènes faisant preuve d’ingéniosité se noient totalement dans le méandre narratif du niveau d’un téléfilm adapté de Stephen King. Traité très rapidement, le thème de l’épidémie devient secondaire, les personnages insipides n’attirent aucune empathie, et on finit par se foutre totalement de leur sort.

Il faut dire que c’est mettre la barre très haut que de repasser derrière un bonhomme de la trempe de Romero, a fortiori encore plus lorsqu’il s’agit de ses premiers films, La Nuit des Fous -Vivants ayant ce même traitement froid et distant présent dans ses trois premiers chefs d’œuvre mettant en scène des zombies ( La Nuit des Morts-Vivants, Zombie et le Jour des Morts-Vivants) , exception faite que ce virus-là n’est pas visible à l’œil nu, ce qui en soit créer une angoisse latente proche de la paranoïa. Mais là encore, ce précepte n’est pas respecté, ce qui plombe un peu plus toute tension éventuelle, Eisner ayant affublé ses contaminés d’un faciès aux veines apparentes et d’un regard proche de la conjonctivite aigue.

Avec un budget qui doit équivaloir à dix fois celui du premier, The Crazies 2010 prouve là encore que miser à fond sur les effets spéciaux et autres maquillages ne sert à rien si le scénario demeure blafard. Un exemple criant de mauvaise adaptation, le réalisateur n’ayant pas réussi à amener son film ailleurs que droit dans le mur. Mieux vaut (re)découvrir avec délectation l’original.
A noter que le réalisateur Breck Eisner a pour projet les remakes de Chromosome 3 de Cronenberg et de New York 97 de Carpenter (avec Josh Brolin, mauvais sosie de Kurt Russel, dans le rôle de Snake Plissken), histoire de s’attaquer à tous les grands maitres du genre. Autant dire qu’on n’a pas vraiment hâte de voir le résultat.

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About Lullaby Firefly

Créature assemblée par les mains expertes d’un obscur savant fou d’origine bavaroise à l’accent tranchant comme un scalpel, Lullaby Firefly profite chaque année de la nuit d’Halloween pour s’illustrer dans quelques macabres méfaits, comme le vol de sucettes et le racket d’oursons en gélatine. Oubliant souvent sa tête dans le frigo, rempli de restes de villageois qu’elle affectionne particulièrement, elle se rend régulièrement dans la clinique du Docteur Satan pour un petit rafistolage express, secret de son éternelle jeunesse.