Critique de Splice

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Rating: 2.7/5 (3 votes cast)

 

Splice

De Vincenzo Natali

Avec Sarah Polley, Adrien Brody et Delphine Chaneac

France-Canada – 2009 – 1h47

Rating: ★★★☆☆

Elsa et Clive forment un couple de scientifiques travaillant pour le compte d’un grand laboratoire pharmaceutique sur des hybrides composés de gènes de différentes espèces animales. Outrepassant l’interdiction de leur hiérarchie, ils décident de combiner de l’ADN humain à leurs expériences, donnant la vie à Dren, une petite fille d’un genre nouveau. Mais les deux scientifiques vont rapidement perdre le contrôle sur le fruit monstrueux de leur création.

Avec son scénario à la Cronenberg, Splice dépoussière le mythe de Frankenstein avec une approche plus contemporaine, les chromosomes remplaçant les cadavres déterrés. A l’heure où la fin du séquençage du génome humain est annoncée comme imminente, le film de Vincenzo Natali est davantage un film de monstres qu’un drame familial à travers la descente aux Enfers de ces deux scientifiques immatures jouant aux apprentis-sorciers pour finalement devenir les parents d’une aberration génétique qui va symboliser tout ce qui ne tourne pas rond dans leur vie de couple.

Au cœur du film se situe donc Dren, créature hybride au design quasi-mythologique (jambes d’oiseau, bras ailés et longue queue dotée d’un dard venimeux rétractable), interprétée avec conviction par l’actrice française Delphine Chaneac, représentant à la fois le désir refoulé de maternité d’Elsa et la sexualité retenue de Clive. Tout le processus de son éducation (ou de sa domestication) va révéler la nature de la relation entre les deux scientifiques amants : Elsa veut aller jusqu’au bout de l’expérience, quoi qu’il en coûte, tandis que Clive, bien qu’appréhendant une fin tragique, se refuse à prendre les choses en main.

Si le scénario se déroule sur le schéma d’un complexe freudien facile à deviner, il se conclue sur une issue bestiale un peu simple, privant tout développement psychologique et toute neutralité au personnage de Dren, affranchissant du coup les scientifiques (les vrais monstres de l’histoire) du statut de victimes.

Vincenzo Natali nous sert une fable froide sans réelle moralité, visuellement parfaite dans ses tonalités bleues glaciales et ses effets spéciaux (le nom au générique de Guillermo Del Toro n’y est peut être pas étranger). Et, si l’auteur de Cube n’est pas encore un réalisateur de SF qui nous bouleverse, on attend avec impatience ses adaptations annoncées d’I.G.H de J.G. Ballard et surtout du classique cyberpunk Neuromancien de William Gibson.

The Vug

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About The Vug

Utilisant que très rarement sa soucoupe volante en raison de son mal des transports, The Vug passe ses journées devant la télévision en se gavant de nicotine (l’unique aliment terrien qu’il peut supporter). En attente d’une régularisation de sa situation (ses papiers d’identité n’étant pas reconnus par l’administration), il descend régulièrement au bistrot en bas de chez lui, toujours accueilli par le patron d’un affectueux « Et un p’tit blanc pour le p’tit gris ! ».