Critique de Freddy – Les Griffes de la Nuit

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A Nightmare on Elm Street

De Samuel Bayer

Avec Jackie Earle Haley, Kyle Gallner et Rooney Mara

Etats-Unis – 1h35 – 2010

Rating: ★☆☆☆☆

Une bande d’ados est traquée par l’esprit du défunt gardien de leur école, qui piège ses victimes dans leurs propres rêves.

Le cinéma d’horreur semble depuis le début des années 2000 se complaire dans le remake de recettes qui marchent. Après la vague des remakes américains de films japonais tel que l’a inauguré Gore Verbinski dans l’insipide The Ring, le nouvel eldorado se trouve dans les malles poussiéreuses des grand studios, le bon vieux script du film qui a cartonné il y a deux ou trois décennies et que les aficionados du genre ne manquent jamais de citer en référence à la moindre occasion. Et en cela, Wes Craven fut l’un des maitres les plus enthousiastes dans cet exercice. Non pas derrière la caméra, mais derrière le carnet de chèques. Cela n’augure rien de bon, pensez-vous. Pourtant, l’excellent La Colline a des Yeux d’Alexandre Aja en 2006 s’approprie de manière très contemporaine tout en restant très proche de l’atmosphère de crasse et de poussières qui caractérise le premier opus. Il y avait la Bombe A dans la version de Craven, il y a du Tchernobyl chez Aja. Sa multitude de mutants déformés par les radiations est moins primitive, mais tout aussi bestiale et irrationnelle. Il nous laisse le même goût de sable et de sang dans la bouche. Un remake peut donc égaler le film originel, voire devenir une œuvre à part, et il peut y avoir parfois une petite pépite noyée dans un marasme de copies Carbonne (numériques même).

Malheureusement, Freddy – les Griffes de la Nuit n’en fait pas parti. Certes, difficile de moderniser un personnage rendu risible au fil des innombrables et kitchissimes sequels, à savoir neuf à ce jour si on compte Freddy VS Jason. Neuf. Plus que Saw. Autant que Michael Myers, qui aura droit à sa dixième affiche en 2011. Pour l’info, Jason Voorhees fut sollicité 12 fois et un 13ème Vendredi 13 (déconseillé aux superstitieux) était prévu pour 2011 mais a été annulé.

Mais, dans cette nouvelle version, les scénaristes ont tout simplement repris les grandes lignes qui avaient fait fureur dans les années 80, sans pour autant chercher à innover ou faire évoluer le motif et le scénario. Les ados font encore plus vieux (et donc moins ado) que dans la version de Craven, bien qu’ils aient gardé la même fadeur psychologique. Les personnages sont tellement survolés que le spectateur n’a aucune empathie pour eux (ce qui avait pourtant été plus ou moins rectifié après le succès de Scream), mais là encore dans le Teen Movie d’horreur, cela ne constitue pas en effet le sésame de réussite.

La vraie pièce maitresse d’un Slasher réussi reste le Slasher. Et en cela, la version 2010 nous fait regretter amèrement la tête de grand brûlé du Freddy Historique, Robert Englund et son regard de dément. A vrai dire, le fait que ce nouveau Kruger n’effraie pas ne tient pas seulement de Jackie Earle Haley et de sa prestation (en tant qu’acteur, on fait ce qu’on peut avec ce qu’on nous donne de répliques débiles et autres diatribes éculés comme « Ta bouche dit non mais ton corps dit oui », d’un goût plus que douteux). Il faut dire qu’il a plus la tête d’un gratin de macaronis trop cuit que d’un mec qu’on aurait fait cramer.

De plus, avoir une tronche moche et dégueu ne fait pas peur en soit, ne soyons pas aussi eugénistes ! Ca peut aider à créer malaise et dégoût mais ça ne peut pas être l’unique procédé d’installation de la peur chez le spectateur. Alors pour Freddy 2010, on y a ajouté la bonne formule du Bouh ! Aaaah ! à savoir, un plan brutal toutes les deux minutes pour faire bondir le spectateur de son siège. Ca marche les deux ou trois premières fois. Mais toutes les deux minutes sur 1h35 autant vous dire que ça devient vite lourd, au point de vous conduire au bord de l’ennui. On se croirait à une soirée pyjama où l’on se raconte des histoires effrayantes, ce qui, dans un sens, est cohérent pour un Teen Movie. Et encore, on peut se faire encore plus peur en soirée Pyjama. La seule crainte que donne ce film, c’est qu’il ne se termine jamais. Mais rassurez vous, ce n’est pas le cas ! A voir si vous n’avez pas dormi des mois après avoir vu Mortelle Saint Valentin et que vous flippez encore de renverser un mec louche les soirs d’été. Le cas échéant, mieux vaut regarder le Simpson Horror Show VI dans lequel la seconde scénette « Nightmare on Evergreen Terrace » est une excellente parodie où Willie le jardinier revêt le fameux pull rayé rouge et vert.

Lullaby Firefly

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About Lullaby Firefly

Créature assemblée par les mains expertes d’un obscur savant fou d’origine bavaroise à l’accent tranchant comme un scalpel, Lullaby Firefly profite chaque année de la nuit d’Halloween pour s’illustrer dans quelques macabres méfaits, comme le vol de sucettes et le racket d’oursons en gélatine. Oubliant souvent sa tête dans le frigo, rempli de restes de villageois qu’elle affectionne particulièrement, elle se rend régulièrement dans la clinique du Docteur Satan pour un petit rafistolage express, secret de son éternelle jeunesse.