Critique de 8th Wonderland

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8th Wonderland

De Nicolas Alberny et Jean Mach

Avec Matthew Gécy, Alain Azerot, Robert William Bradford

France – 1h34 – 2009

Rating: ★★☆☆☆

De nos jours, une communauté d’internautes créé un pays virtuel, le  8th Wonderland du titre, où chaque « habitant » peut faire passer une motion soumise à l’ensemble des cyber-citoyens, devenant ainsi une hyper-démocratie au service de ceux que les puissants de ce monde semblent nier.

On se demande souvent quelle recette peut bien faire d’un film un chef d’œuvre. Il semble que l’alchimie secrète de l’équilibre qualité du scenario/  qualité de réalisation nécessaire à la réussite d’un film ne prenne pas. On peut avoir la meilleure idée scénaristique du monde, la plus novatrice, ou la plus ambitieuse, si la mise en scène ou la direction d’acteurs pêchent, alors le film perd indéniablement en qualité. C’est malheureusement le cas pour 8th Wonderland. Une bonne idée scénaristique, ambitieuse à réaliser, filmer l’immatérialité d’un monde virtuel, un casting d’anonymes pour crédibiliser le discours qui se veut universel, avec utilisation de l’anglais pour franchir la barrière des langues et nationalités respectives, ce qui illustre bien  la mondialisation des communications.  8th Wonderland repose sur une idée somme toute assez simple: on peut créer une utopie virtuelle capable de s’opposer et de se faire entendre des grandes institutions mondiales (le rêve de tout organisme humanitaire ou écolo), et qui défendrait (pour changer) le faible et l’opprimé.

Bien sûr, le film ne sort pas du schéma habituel de l’utopie dérivant en dystopie à grands coups d’actions à la limite du terrorisme et de décisions totalitaires. En cela, le film évite de sombrer dans la totale naïveté, un moment du moins et si l’on ne tient pas compte du manque cruel de crédibilité des scènes illustrant ces propos : qu’un interprète parvient à force de mauvaises traductions à faire échouer les accords nucléaires entre deux pays alliés, on sourit à l’idée, comme à une bonne farce. Que l’on kidnappe des footballeurs millionnaires pour les obliger à travailler dans les mêmes conditions et au même salaire que des ouvriers chinois, c’est capillo-tracté mais passe encore (surtout si on n’aime pas le foot). Mais qu’un groupuscule puisse interférer dans les négociations du G8 en piratant le système informatique de la plus importante réunion mondiale, pour faire une vidéo conférence avec les puissants de ce monde (et ce, sans micro, ce qui tient de l’exploit), c’est vraiment nous prendre pour des billes. On comprend la démarche, on entend le discours qui veut que, tels de grand flashmobs (rassemblement d’anonymes organisé via Internet), l’anonyme de la rue allie ses force avec ceux qui partagent ces idéaux. Mais, la crédibilité n’ayant apparemment pas semblé essentielle, le récit finit par se vautrer dans le cliché. Et même s’y complaire car le générique de fin débutant sur fond de faux reportage de JT, nous dépeint la réussite de  9th Wonderland, phénix naissant du fiasco précédent, qui va jusqu’à, suprême reconnaissance, siéger à l’ONU. Merveilleux et naïf Happy End! Une belle goutte d’eau guimauve faisant déborder un vase déjà trop plein de beaux et nobles sentiments. Pour info, le fameux 9th Wonderland (le film bien sûr, pas le monde virtuel) a d’ores et déjà été annoncé, le premier opus à peine sorti… Espérons que cette fois, la vraisemblance fera parti du cahier des charges.

Lullaby Firefly

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About Lullaby Firefly

Créature assemblée par les mains expertes d’un obscur savant fou d’origine bavaroise à l’accent tranchant comme un scalpel, Lullaby Firefly profite chaque année de la nuit d’Halloween pour s’illustrer dans quelques macabres méfaits, comme le vol de sucettes et le racket d’oursons en gélatine. Oubliant souvent sa tête dans le frigo, rempli de restes de villageois qu’elle affectionne particulièrement, elle se rend régulièrement dans la clinique du Docteur Satan pour un petit rafistolage express, secret de son éternelle jeunesse.