Critique de La Comtesse

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Rating: 3.0/5 (1 vote cast)

The Countess

De Julie Delpy

Avec Julie Delpy, Anamaria Marinca, Daniel Brühl, William Hurt

France-Allemagne – 2009 – 1h34

Rating: ★★★☆☆

Dans la Hongrie du XVIIème siècle, la comtesse Bathory se retrouve, à la mort de son mari, à la tête d’une des plus grandes puissances du royaume. Déjà d’âge mûr, elle parvient pourtant à séduire le jeune Istvan Thurzo, fils d’un seigneur rival, qui finit par l’abandonner. Esseulée, elle sombre dans une folie meurtrière en sacrifiant de jeunes vierges dont le sang lui permettrait d’acquérir l’éternelle jeunesse.

Très inspiré par l’esthétisme pictural du XVI ème siècle, Julie Delpy nous immerge dans la froideur baroque de son personnage éponyme, Erzebeth Bathory dont l’Histoire n’aura retenu que l’infâme légende. Et là est tout le propos du film. On pourrait croire que sous le prétexte d’un amour impossible, motif éculé qui ne parvient pas à atteindre l’intensité d’un drame shakespearien, Delpy cherche à surpasser cette légende pour nous livrer la comtesse dans toute son humanité et en proie à la dureté de sa condition et de son époque, malheureusement, la réalisatrice se laisse tenter par l’appel du racoleur. Du personnage historique, elle bascule dans le personnage mythique que nous connaissons bien et le film privilégie alors l’hypothèse officielle que l’on sait depuis surement puiser dans les calomnies des contemporains de Bathory. Bien que ce qui est montré des meurtres de vierges et  de la sanguinaire coutume soit indiqué comme ayant été « rapportée » au narrateur, la mise en scène ne nous laisse pas de doute. A la véracité historique de la première partie succède l’implacable cruauté du mythe. Avec une habileté de réalisation suggestive, apparaît la sanguinaire, basculant dans une folie barbare, qui, pour conserver sa jeunesse et sa beauté, saignera à blanc moultes demoiselles.

Pourtant, l’actrice-réalisatrice-scénariste revient à plusieurs reprises sur la probable réalité de ces actes mais le mal est fait. Après un quart de film où la Bathory est montrée comme un monstre insensible dont le domaine est infesté de mouches tant le sang a coulé, il est difficile pour le spectateur de se laisser tenter par ce qui est probablement la réalité historique : la comtesse était une femme trop puissante et trop influente à son époque pour ne pas attirer les convoitises et les intrigues qui en découlent, lui prêter des actes sanglants et la juger comme sorcière pour spolier ses biens. A ne pas prendre parti entre la légende et la réalité historique, Julie Delpy embrouille le spectateur. Malgré son excellente composition d’actrice, son choix de casting judicieux et sa maitrise de la réalisation et de la direction d’acteurs, Julie Delpy faute au niveau du scénario qui se perd dans son incapacité à accorder un crédit à une des thèses exposées.

Lullaby Firefly



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About Lullaby Firefly

Créature assemblée par les mains expertes d’un obscur savant fou d’origine bavaroise à l’accent tranchant comme un scalpel, Lullaby Firefly profite chaque année de la nuit d’Halloween pour s’illustrer dans quelques macabres méfaits, comme le vol de sucettes et le racket d’oursons en gélatine. Oubliant souvent sa tête dans le frigo, rempli de restes de villageois qu’elle affectionne particulièrement, elle se rend régulièrement dans la clinique du Docteur Satan pour un petit rafistolage express, secret de son éternelle jeunesse.