Critique de Halloween II

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Halloween II

De Rob Zombie

Avec Tyler Mane, Scout Taylor-Compton, Sheri Moon Zombie, Brad Douriff et Malcom McDowell

Etats-Unis – 2008 – 1h41

Rating: ★★★★☆

Bien que cela fasse un an que Michael Myers, le tueur psychopathe qui l’avait poursuivi cette fameuse nuit d’Halloween, a été déclaré mort, la jeune Laurie Strode semble avoir du mal à se remettre de ces événements. De cauchemars en cauchemars, le Mal paraît toujours aussi présent, prêt à reprendre du service.

Une fois n’est  pas coutume, c’est un film sorti inédit en DVD que l’on a voulu mettre en lumière, pour la bonne raison que l’injustice de sa non-distribution dans notre beau pays, prouve une fois encore que le genre Horreur est loin d’être privilégié dans l’Hexagone.

Alors que la seconde moitié d’Halloween se rapprochait beaucoup de l’original de John Carpenter, autant du point de vue scénaristique que dans la réalisation (ce que l’on déplore au vue de l’ingéniosité de la première partie, à savoir l’enfance de Michael Myers), Halloween II permet à Rob Zombie de s’affranchir de la patte du grand maître, pour s’approprier aussi bien les personnages que  l’univers dans lequel ils évoluent. Laurie Strode version Zombie (la très remarquable Scout Taylor-Compton) n’a plus rien à voir avec la jeune fille prude interprétée maintes fois par Jamie Lee Curtis. Chez le réalisateur de The Devil’s Rejects, la sœur de Michael Myers porte les séquelles de sa rencontre dans le premier opus avec son célèbre grand frère. Devenue une sorte de Lolita Goth bien éloignée de la pure adolescente qu’elle pouvait être auparavant, elle écoute du rock, boit comme un trou et sort avec ses copines délurées qui, selon la grande tradition du slasher, finiront en rondelles dans un bain de sang. Quand à Myers (le très imposant Tyler Mane, déjà Rufus de la Maison des 1000 Morts et de The Devil’s Rejects), ne s’exprimant qu’au travers de sa représentation fantomatique de lui enfant, il est bien loin du tueur masqué froid et sanguinaire du classique de 1978.

Avec ce style inimitable et brillant d’ingéniosité qui caractérise l’ensemble de ses films, Zombie nous offre une violence aussi crue que réaliste, toujours maîtrisée par l’accumulation de champ/ contre champ rapides et efficaces, entrecoupée de scènes cauchemardesques à l’esthétique très clip mais parfaitement intégrées à la narration et véhiculant une symbolique ingénieuse (comme le cheval blanc annoncé dans le panneau en exergue, assimilé au refoulement d’émotions fortes dans la signification des rêves, mais également à l’au-delà dans certaines mythologies). On retrouve également l’univers des 70’s qu’il affectionne avec notamment des références allant du lancinant Night In White Satin des Muddy Blues en arrière fond (sonore) aux costumes d’Halloween de Laurie et de ses copines en personnages de The Rocky Horror Picture Show.

Mais Halloween II va bien plus loin qu’un simple sequel. Il se détache de son propos initial pour poser une question jamais abordée dans toute la saga. Dans son premier Halloween, Rob Zombie sous-entendait par sa première partie que c’est l’environnement violent dans lequel Myers avait grandi qui l’avait conditionné pour devenir un impitoyable meurtrier. Halloween II renvoie à l’idée inverse, illustrée par les visions oniriques de la défunte Deborah Myers (Sheri Moon Zombie) et de Myers enfant que partagent les deux protagonistes. La folie meurtrière, le goût du meurtre est- elle génétique ? A-t-on une part d’inné dans la démence, indépendamment de son environnement et de son éducation ?  Abordée sous cette angle, la question de l’inné et de l’acquis a de quoi faire frissonner…

Incompris du box office outre atlantique car jugé trop éloigné de la saga originelle, boudé par les distributeurs français, Halloween II est sans conteste un petit bijou du genre, bien plus réussi que le précédent, justement parce qu’il s’émancipe du carcan imposé, pour amener les personnages et le spectateur vers autre chose. Il est annoncé que Rob Zombie doit s’attaquer au remake du Blob. Autant dire qu’on en salive d’avance.

 

Lullaby Firefly

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About Lullaby Firefly

Créature assemblée par les mains expertes d’un obscur savant fou d’origine bavaroise à l’accent tranchant comme un scalpel, Lullaby Firefly profite chaque année de la nuit d’Halloween pour s’illustrer dans quelques macabres méfaits, comme le vol de sucettes et le racket d’oursons en gélatine. Oubliant souvent sa tête dans le frigo, rempli de restes de villageois qu’elle affectionne particulièrement, elle se rend régulièrement dans la clinique du Docteur Satan pour un petit rafistolage express, secret de son éternelle jeunesse.