Critique de Wolfman

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Rating: 3.5/5 (2 votes cast)

 

The Wolfman

De Joe Johnston

Avec Benicio Del Toro, Anthony Hopkins, Emily Blunt et Hugo Weaving

Etats-Unis – 2008 – 01h39

Rating: ★★★☆☆

Laurence Talbot, dandy anglais, toujours hanté par le souvenir du décès de sa mère alors qu’il était enfant, ayant fui le riche manoir familial pour devenir comédien shakespearien reconnu de New York à Londres, revient dans sa campagne natale suite à la mort de son frère, survenue brutalement et dans des circonstances inexpliquées, qu’il va tenter d’élucider. Peu à peu, il comprend  à ses dépens que les histoires de loup-garou qui affolent les villageois ne tiennent pas seulement de la superstition.

Très empreint de tout l’esthétisme instauré par les auteurs gothique anglais (comme Mary Shelley ou Emily Brontë) de la fin du XIXème siècle, période où se passe la narration du film, avec la lande anglaise, sa brume, ses longues nuits de pleine lune et ses teintes bleutées, Wolfman nous entraine dans cet univers mélancolique avec une superbe photo signée Shelly Johnston, qui contrairement à ce que l’on pourrait croire n’est pas la femme du réalisateur puisqu’il s’agit d’un homme (dont le talent a récemment servi Super Blonde, mais bon, faut bien bouffer…), tout en rappelant le charme des grands classiques de la Hammer. Le film s’attaque à la toujours délicate adaptation du mythe du lycanthrope, Loup Garou, pour les intimes. Pourquoi délicate ? Et bien parce qu’il faut avouer que d’un, un loup garou, c’est moins classe qu’un vampire et que de deux, c’est plus difficile à crédibiliser niveau effets spéciaux qu’une paire de canines. Pourtant, il faut bien avouer que niveau effets numériques, le film fonctionne plutôt bien (en dehors d’un personnage gollumesque qui fait un peu tache…mais bon, passons). Le hic, c’est que ce parti pris esthétique, le réalisateur Joe Johnston (ce nom vous dit peut être rien mais on lui doit entre autre Chérie, j’ai rétréci les gosses, Jumanji et Jurassic Parc III) est loin de l’avoir inventé. Avec une B.O rappelant fortement le Dracula du patriarche Coppola et une photo proche de Sleepy Hollow du chevelu Burton, on comprend assez vite la démarche du bonhomme, à savoir s’inscrire dans la lignée de ces films fantastiques en costume d’époque. C’est fortement inspiré et ça n’a rien d’original mais ça ne gâche pas pour autant le plaisir.

Ce qui l’entame légèrement, en dehors du fait que Benicio Del Toro n’a pas vraiment un physique de lord british, même si ça passe mieux que Mark Dacascos en japonais dans Crying Freeman, et que sa filiation avec Anthony Hopkins détonne un peu (bon ok là, c’est un peu du chipotage), c’est tout simplement que le mythe du lycanthrope, le Johnston, il passe bien à côté, ce qui dans un film de loup garou gène un peu. Car c’est un mythe sur la bestialité que l’homme a enfoui en lui au cours de son évolution, cette part animale qui sommeille en nous bien que l’on ait arrêté depuis longtemps de se renifler pour faire connaissance. Malheureusement dans Wolfman, le réalisateur a préféré mettre en avant une histoire de famille trouble (tiens, comme dans Sleepy Hollow) plutôt que de montrer le combat entre l’humanité et la « Bête ». On perd quand même l’essentiel du mythe, un peu comme les vampires prudes et brillants au soleil de Twillight et l’aspect sexuel de la créature originel.

En dehors de ce ratage évident de profondeur philosophique qui ne troublera pas la plupart des spectateurs, Wolfman reste un bon film fantastique, avec des scènes bien gores quand la lune est pleine et que le poilu zigouille du villageois affolé, et même un soupçon de romantisme digne des auteures citées précédemment. Ca nous change agréablement du nullissime Pacte des Loups ou de la sexy attitude du canidé de Twillight (en gros l’inverse des vampires… mais ça je l’ai déjà dit). Certes, le film ne tient pas du chef d’œuvre absolu mais, pour les amateurs du genre, il vaut bien son pesant de pop-corns.

Lullaby Firefly

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About Lullaby Firefly

Créature assemblée par les mains expertes d’un obscur savant fou d’origine bavaroise à l’accent tranchant comme un scalpel, Lullaby Firefly profite chaque année de la nuit d’Halloween pour s’illustrer dans quelques macabres méfaits, comme le vol de sucettes et le racket d’oursons en gélatine. Oubliant souvent sa tête dans le frigo, rempli de restes de villageois qu’elle affectionne particulièrement, elle se rend régulièrement dans la clinique du Docteur Satan pour un petit rafistolage express, secret de son éternelle jeunesse.