Critique de Shutter Island

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Shutter Island

De Martin Scorsese

Avec Leonardo DiCaprio, Mark Ruffalo, Ben Kingsley, Michelle Williams, Emily Mortimer, Jackie Earle Haley, Max von Sydow et Ted Levine

Etats-Unis – 2010 – 2h17

Rating: ★☆☆☆☆

Dans les années 50, le marshal Teddy Daniel se rend sur l’île de Shutter Island, abritant un hôpital psychiatrique carcéral, afin d’enquêter sur l’inexplicable disparition d’une patiente. Accompagné de son coéquipier Chuck Aule, Daniel compte profiter de ses investigations pour retrouver, parmi les criminels internés, le dangereux pyromane qui a provoqué la mort de son épouse il y a quelques années. D’indices énigmatiques au comportement suspect du personnel de l’hôpital, l’enquête piétine et le marshal se demande si on ne chercherait pas à le piéger.

Version roman noir du Cabinet du Docteur Caligari, le best-seller de Dennis Lehane (déjà auteur d’un Mystic River magistralement adapté par Clint Eastwood en 2002) était destiné à attirer les convoitises d’Hollywood. On ne pouvait donc que se réjouir de l’annonce de son adaptation par Martin Scorsese qui a pu réunir un casting de rêve, dont une quatrième collaboration avec l’excellent Leonardo DiCaprio, visiblement parti pour supplanter définitivement Robert de Niro dans le cœur du cinéaste new-yorkais (deux autres collaborations étant annoncées pour des biopics sur Sinatra et Roosevelt).

Malheureusement, le résultat est loin d’être à la hauteur. On ne veut pas vous rejouer la chanson du lecteur déçu de l’adaptation mais, là où Clint Eastwood condensait plus de 600 pages en 2h15 sans perdre en profondeur et en émotion, Scorsese nous inflige un bâclage incompréhensible, pour une même durée de film et pourtant moins de pages.

Ne soignant que l’exposition et le dénouement, Scorsese envoie paître le développement de l’histoire qui file en accéléré, avec un paquet de trous scénaristiques, de flashbacks inutiles (ce massacre de soldats allemands complètement tape-à-l’œil) et d’erreurs de script (les champs/contre-champs de Jackie Earle Haley avec, un coup la main derrière la tête, un coup la main sur la porte de sa cellule dans une scène essentielle flinguée pour une connerie). En définitive, on voit rapidement le twist final arriver gros comme une montagne tout en se fichant du pourquoi du comment.

Ratage complet, Shutter Island démontre donc que, même en ayant réalisé Taxi Driver, Raging Bull et Les Affranchis, on ne reste jamais à l’abri de transformer une histoire géniale en grosse bouse. Un point positif quand même ? Oui, la photographie est très belle.

The Vug

 


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About The Vug

Utilisant que très rarement sa soucoupe volante en raison de son mal des transports, The Vug passe ses journées devant la télévision en se gavant de nicotine (l’unique aliment terrien qu’il peut supporter). En attente d’une régularisation de sa situation (ses papiers d’identité n’étant pas reconnus par l’administration), il descend régulièrement au bistrot en bas de chez lui, toujours accueilli par le patron d’un affectueux « Et un p’tit blanc pour le p’tit gris ! ».