Critique de La Horde

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La Horde

De Yannick Dahan et Benjamin Rocher

Avec Claude Perron, Jean-Pierre Martins et Eriq Ebouaney

France – 2008- 1h30

Rating: ★★★☆☆

Une unité de flics assoiffés de vengeance font une descente dans la tour d’une cité désertée pour débusquer le gang à l’origine de la mort de l’un des leurs. Mais rapidement pris au piège, ils vont devoir composer avec la bande de malfrats pour survivre, confrontés à une menace bien plus bestiale, celle d’une horde de zombies criant famine.

Le genre de l’Horreur, bien qu’en recrudescence depuis le début des années 2000, reste assez peu exploité en France et pour cause : la plupart des films sont bien souvent bâclés, sans originalité et les twists souvent improbables car sacrifiés au profit d’une réalisation très américanisée mais avec un jeu d’acteurs proches de celui de séries comme Sous le Soleil (rappelez-vous les désastreux Promenons nous dans les Bois, Brocéliande et autre Saint Ange). Certains plus récents tels Martyrs, Calvaires ou Sheitan, bien qu’ils s’avèrent de meilleure qualité que les précédents, jouent essentiellement sur une mise en avant de la violence et du gore comme précepte, ce qui leur vaut à tous leur interdiction aux moins de 16 ans, mais surfent pour la plupart sur la vague des films de tortures institutionnalisés depuis par les succès de  Saw et des deux Hostel.

C’est donc avec ces préjugés que l’on aborde la Horde. Avec une mise en scène digne des productions bessonniennes (dans le sens péjoratif du terme), le film débute sans grande surprise par une flopée de cascades et de scènes d’action, agrémentée de dialogues peu crédibilisés par un jeu d’acteur surjoué, le tout alourdi par une mauvaise utilisation d’accélérations et de ralentis présageant 1h30 de supplices visuels.

Puis on entre dans le feu de l’action, dans l’intimité de personnages pas si manichéens, plus fouillés que ce que laissaient supposer les premières vingt minutes, la prestation remarquable d’Eriq Ebouaney, en gangster aussi raisonné qu’ambivalent, plus alter ego qu’antagoniste du chef des flics joué par Jean-Pierre Martins, apportant une crédibilité qui jusqu’alors semblait faire défaut. Sans chercher à donner une explication claire sur les origines de l’épidémie, La Horde préfère reprendre le motif du zombie next gen (déjà présent dans 28 Jours plus tard de Danny Boyle ou dans L’Armée des Morts de Zack Snyder ), le zombie qui sprinte, bien éloigné des très lents putréfiés instaurés par Romero. Partant de l’idée, somme toute assez simple, que flics et gros bonnets doivent s’allier pour s’en sortir, les tensions internes au sein du groupe permettent d’approfondir des personnages de prime abord basiques, sans tomber dans l’archétype.

Disséminant au fil de la narration, avec une certaine subtilité, un discours politisé sur les conditions de vie et l’enclavement des banlieues, le film ne s’attarde pas à faire de ce  thème un étendard de la cause, mais une parabole bien orchestrée sonnant comme un constat amer, sans stigmatisation ni misérabilisme. Alternant scènes d’épouvante pure et scènes dignes des films d’action ayant fait la part belle du genre dans les années 80/90, La Horde atténue au fil de la narration les maladresses du début, privilégiant une réalisation de plus en plus sobre et efficace, pour maintenir le spectateur dans une ambiance délétère et crispante, dont la fameuse scène de l’encerclement plus ou moins reprise par l’affiche du film, est le point culminant. Certes, on n’en est pas encore à crier au chef d’œuvre, mais en matière de film d’horreur à la française, La Horde redresse une barre d’habitude nivelée par le bas, avec, cerise sur le gâteau, un mélange des genres qui manquait au film de zombie depuis le d’ores et déjà grand classique, Shaun of the Dead.

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About Lullaby Firefly

Créature assemblée par les mains expertes d’un obscur savant fou d’origine bavaroise à l’accent tranchant comme un scalpel, Lullaby Firefly profite chaque année de la nuit d’Halloween pour s’illustrer dans quelques macabres méfaits, comme le vol de sucettes et le racket d’oursons en gélatine. Oubliant souvent sa tête dans le frigo, rempli de restes de villageois qu’elle affectionne particulièrement, elle se rend régulièrement dans la clinique du Docteur Satan pour un petit rafistolage express, secret de son éternelle jeunesse.